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mardi 12 décembre 2017

Tout sur ma mère



1999

Titre original : Todo sobre mi madre
Titre francophone : Tout sur ma mère
Titre anglophone : All about my mother

Cinéaste: Pedro Almodóvar
Comédiens: Cecilia Roth - Marisa Paredes - Antonia San Juan - Penélope Cruz

Notice SC
Notice Imdb

Vu en blu-ray

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Je n’avais pas revu ce film depuis une éternité. Sans doute depuis la sortie en salle. Oui, je ne crois pas
l’avoir vu à la télé, ni en dvd.

D’autres films d'Almodóvarr m’ont depuis davantage remué, toutefois l’émotion demeure puissante par
moments. Ce qui domine reste cette écriture incroyable de PedroAlmodóvar. A l’instar de la mise en
scène d’Alfred Hitchcock qui me laisse baba d’admiration, l’écriture d’Almodóvar, alambiquée et
succulente de précision m’épate à chaque fois. Il y a du génie, de la magie, mettons le terme qu’on
voudra (ajoutons-y toutes sortes de superlatifs, il les vaut) pour décrire ce phénomène
incompréhensible que propose le visionnage d’un film d’Almodovar.

On a là encore une histoire abracadabrante, somme toute compliquée, improbable et pourtant tout
apparaît d’une grâce, d’une fluidité, d’une simplicité naturelle et l’on reste ébaubi, inerte, à n’y rien
comprendre. Cela coule de source sans qu’on sache comment, ni pourquoi.

La direction d’acteurs y est sans doute aussi pour beaucoup tant ils paraissent à l’aise, que ce soit dans
la comédie ou le drame, mais la caméra est toujours astucieusement attentive. Les dialogues et
les situations pittoresques sont filmés avec sobriété, ancrant l’action dans le réel, malgré tout.
Le jeu des comédiens essaie de maintenir le récit dans ce cadre-là. Le va-et-vient entre les tonalités
humoristiques et tragiques ne rend pas la tâche facile et pourtant, toujours ce même miracle, les
comédiens parviennent à leur fin.

dans un rôle presque secondaire attire la lumière. Son personnage est hautement attirant par sa fragilité
mais surtout parce qu’il sort de l’ordinaire.

est à la fois émouvant et drôle certes mais c’est bien de la légèreté qu’il apporte avant tout.

Reste l'héroïne principale qu'interprète Cecilia Roth
: elle est le socle, l’axe central sur lequel repose la trame et également la “raison” en quelque sorte. C’est elle effectivement qui corrige, qui redirige, réoriente toutes les trajectoires déviantes. Elle joue le rôle de mère de substitution en quelque sorte, une assise sur laquelle s’appuie le scénario d’Almodovar pour décrire l’évolution des autres personnages, comment ils se sauvent, se transforment et font malgré tout un parcours de survie avec flamboyance et un peu de bonheur. C’est beau. C’est Almodóvar quoi
Mini trombi:

samedi 16 juillet 2016

Julieta



2016

Cinéaste: Pedro Almodóvar
Comédiens: Emma Suárez - Adriana Ugarte

Notice SC
Notice Imdb

Vu en salle

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Encore un très joli film de Pedro Almodóvar. Dans la veine de ses plus sombres et mélancoliques œuvres, ce scénario est des plus aboutis. Peut-être pas parmi les plus surprenants, mais il fait néanmoins figure d’un bel équilibre et d’une justesse de sentiments qui fait toujours mouche.

Julieta s’inscrit dans une lignée d’autres films d’Almodóvar sur les relations familiales compliquées par le sentiment de culpabilité. Voilà une antienne du cinéaste qui ne s’essouffle guère. Et c’est heureux car il trouve encore le moyen décrire une autre histoire, d’inventer, de créer du neuf. Il maintient une écriture formidable et réussit à mettre en scène son histoire avec toujours autant de netteté, de lisibilité.

Les comédiens sont excellents dans la sobriété. Le duo Adriana Ugarte/Emma Suárez impose un haut niveau de jeu en illuminant les scènes de l’intensité  nécessaire à leur incarnation sans jamais déborder. Foutre, que j’adore ça ! Très émouvantes, toutes les deux. Peut-être que le rôle de Emma Suárez lui donne un peu plus de fil à retordre ?

Reste que le plus remarquable revient à cette mise en scène d’un scénario écrit au cordeau : le film est un écheveau compliqué, une tragédie comme sait si bien les agencer Pedro Almodóvar. On a la sensation d’une fluidité naturelle, pure. Le visionnage est par conséquent très agréable. J’admire vraiment cette capacité du maître espagnol à produire ce plaisir, à le renouveler sans cesse. Un génie de putamadre !

Ici il donne à son film une teinte un peu moins mystérieuse, néanmoins il prend des airs hitchcockiens, voire chabroliens par moments. La psychologie des personnages, les angoisses auxquelles ils sont livrés font songer également à ces atmosphères créées par Simenon ou même Boileau et Narcejac. Oui, le film est sombre. J’hésite à parler de film noir.

En tout cas, il remue pas mal de choses, surtout quand on est parent. Il touche juste. Encore une fois, coup marquant de Pedro Almodóvarr !

Trombi:
Adriana Ugarte:

Daniel Grao:

Rossy de Palma:

Michelle Jenner:

Inma Cuesta (izquierda, gauche, left)

Darío Grandinetti:

Nathalie Poza:

Susi Sánchez:

Mariam Bachir et Joaquín Notario:

Blanca Parés: (gauche, left, izquierda)

samedi 11 mai 2013

Les amants passagers



2013

Titre original : Los amantes pasajeros
Alias: Les amants passagers

Cinéaste: Pedro Almodóvar
Comédiens: Cecilia Roth - Lola Dueñas - Blanca Suárez - Raúl Arévalo - Carlos Areces- Javier Cámara

Notice SC
Notice Imdb

Vu en salle



Difficile d'échapper aux bruits qui couraient sur la faiblesse du dernier Almodovar. Leur teneur était très curieuse d'ailleurs. En sortant de la salle, je ne les comprends toujours pas. Quel est donc le reproche qu'on fait au film? Sa légèreté! Bin merde, alors! Elle est bien bonne celle-là! On lui reproche de n'être pas "Todo sobre mi madre", ni "La mala educacion"? De ne pas être profond. Comme si Almodovar n'était que ces films. Ingratitude confondue à la froide pisse qui ne cessent de m'esbaudir. Bien entendu que ce film ne baigne pas vraiment dans le pathos, que le ton est résolument absurde et outrancier, heu... et alors?

Je n'ai pas à renier mon plaisir. Je suis entré dans la salle pour voir une comédie, pétaradante, aussi légère qu'un verre de agua de Valencia, et j'ai eu mon petit shot, voilà tout. Ce n'est pas un grand Almodovar. Il ne crawle pas, se contentant de brasser. De là à le reléguer au rang d'une bouse... on voit de ces notes des fois qui font douter du sens de la proportion chez certains critiques.

Pas exceptionnellement bouleversant, il ne plonge pas dans une volupté d'émotions, ni de réflexions. Oui, peut-être que le film est une métaphore sur la crise économique européenne. Oui, peut-être, en effet, l'allégorie n'est-elle pas des plus subtiles. Mais encore une fois, je ne lui demande pas. Une farce, une caricature n'a pas forcément cette vocation. La situation économique de l'Espagne est une des plus sévères d'Europe aujourd'hui et manifestement Almodovar a ressenti le besoin de s'offrir un petit relâché de vapeur, comme un garnement qui en a marre d'entendre hurler lamentations et plaintes. Il est donc allé chercher cet esprit insouciant et rassurant qu'il avait connu jadis quand tout était rose, un esprit hédoniste plein de drogues, de cul, d'alcool, de grossièretés (dont tous ses films précédents sont plus ou moins chargés également, cela dit en passant). Il l'a condensé sur 1h30 dans la carlingue d'un avion, en un huis-clos démonstratif. La boucle de la ceinture saute d'un cran, la cravate est dénouée. Almodovar s'accorde une pause pour fumer un p'tit pet et je suis sûr qu'avec le temps, cette respiration va trouver une place très sensée dans sa filmographie. Ce film est d'ores et déjà cohérent. Pour le moment il peut encore apparaitre un peu étrange, mais au fond, c'est heureux, cela donne un coup de vent rafraichissant dans la mise en pli, une rupture qui semble exprimer une faiblesse, un besoin très humain de souffler.

J'ai donc souri, le moment est agréable, la forme peut m'avoir par instants décontenancé (ses obliques de caméra, ses effets spéciaux de ralentis, l'extrême profondeur des yeux de Blanca Suárez), mais au bout du compte, le divertissement fait son office. Le film est extrêmement coloré, un peu comme ces films qui dans les années 50 et 60 se peinturluraient de technicolor jusque dans leurs moindres recoins.

La musique est à l'unisson, festive, débordante d'une joie claire et simple. J'ai l'impression que le générique dit tout le film, du moins ses intentions. Oui, décidément, je ne comprends pas les gens qui boudent, en cherchant dans ce film ce qui ne peut y être. Contentons-nous de ce qui est. Pourquoi vouloir des étreintes brisées dans cette petite fable? Quelle idée...

Quoiqu'il en soit, "Les amants passagers" n'est qu'une simple comédie destinée à détendre. Et Almodovar sait très bien le faire. C'est là d'ailleurs un autre de ces grands talents : les personnages pensent et font du cul, se droguent, dansent, s'écoutent, s'engueulent, sont grossiers et ces caricatures finissent par former un discours très généreux, où dominent une grande ouverture, en même temps qu'une dédramatisation presque démythificatrice. Je suppose que c'est ce qui choque le plus ses détracteurs : beaucoup aiment qu'on cultive le pathos pour le pathos, souvent signe de bon goût.

Notez bien que le film n'en est pas dénué tout à fait. Ici ou là, par petites touches, le cinéaste ne peut s'empêcher d'en mettre. D'une certaine façon, je dirais même que ça détonne un peu, que c'est superflu. Pas sûr que l'équilibre général du film ait eu besoin de cela. S'il ajoute pour certains personnages une lecture doloriste, donne -t-elle plus de profondeur? A la rigueur, cela altère un peu le ton, de même que l'aspect absurde du récit. Le ton est à l'irréalisme, à l'irrespect et quelques rapides plans sur le visage en souffrance de tel ou untel détonne un peu avec la trame générale.

En somme, ce film est une respiration, gentillette comédie qui ne révolutionne rien, mais qui fait du bien. Les réactions disproportionnées sont comme d'habitude le fruit de la déception, les gens se montant des échafaudages dans la tête qui n'ont pas lieu d'être sur les filmographies des grands artistes et ces derniers osent reprendre parfois les rênes, et disent merde en toute liberté. Un Almodovar outrecuidant, comme d'hab!

Mini trombi:
Photo de tournage :

Javier Cámara:

Cecilia Roth:

Guillermo Toledo:

Miguel Ángel Silvestre et Laya Martí:

Raúl Arévalo , Carlos Areces et Javier Cámara:

Lola Dueñas:
Photo de tournage : Pedro Almodóvar, Penélope Cruz et Antonio Banderas

Hugo Silva, Raúl Arévalo, et Antonio de la Torre:
José Luis Torrijo (droite toute):

Paz Vega:


José María Yazpik:

Violeta Pérez, María Morales, Carlos Areces, Pepa Charro et Bárbara Santa Cruz:

Carmen Machi et Blanca Suárez: