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lundi 9 janvier 2017

La fille de d'Artagnan



1994

Titre francophone : La fille de d'Artagnan

Cinéaste: Bertrand Tavernier
Comédiens: Sophie Marceau - Philippe Noiret -

Notice SC
Notice Imdb

Vu à la télé

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Bertrand Tavernier rend ici hommage à tout un pan du cinéma français populaire : le film de cape et d'épée, dans toute sa flamboyance, avec ses personnages hauts en couleur, son lyrisme dans l'action, ses intrigues, ses combats épiques, ses chevauchées pour rattraper le temps.

Mais Bertrand Tavernier n’en oublie pas que le spectateur n’est pas non plus un imbécile et apporte à ses personnages autant de finesse et de complexité que le récit le permet. Les méchants ont une histoire qui les raconte, ne sont pas dénués d’humour (Claude Rich par exemple), ne se contentent pas d’être des figures du mal.

Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a beaucoup de surprise : l’intrigue suit un parcours somme toute classique. Le film passe avec astuce par des chemins déjà connus (il faut bien s’accorder à un certain classicisme pour pouvoir lui rendre hommage comme il sied). Pourtant, on ne s’ennuie jamais. Le rythme est convenablement soutenu. Le dynamisme qui anime les personnages se traduit avec subtilité par un scénario vif et une mise en scène tout aussi alerte.
Philippe Noiret (right droite)
Le plaisir, le divertissement est garanti également par les comédiens qui s’en donnent à cœur joie de façon manifeste. Philippe Noiret est magistral, d’une rondeur aussi éléphantesque que ravissante Dans l’espièglerie, peut-être est-il dépassé par un Claude Rich diabolique de drôlerie, servi par des répliques percutantes qui mettent en exergue toute la mauvaise foi et la folie du personnage?
Claude Rich (droite, right)
En somme, Bertrand Tavernier s’essaie au film de divertissement et s’y réussit, si j’ose cette expression.

Mini trombi:
Sophie Marceau:

Sami Frey (gauche):

Gigi Proietti (droite, right):

Nils Tavernier (left gauche):

Raoul BillereyPhilippe Noiret et Jean-Luc Bideau:

Charlotte Kady (left gauche):

samedi 24 décembre 2016

Voyage à travers le cinéma français



2016

Cinéaste: Bertrand Tavernier

Notice Sc
Notice Imdb

Vu en salle

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J’aime beaucoup Bertrand Tavernier, son cinéma, sa passion pour le cinéma et l’histoire, sa formidable capacité de transmission, de vulgarisation de son savoir et des émotions qui y sont liées.

Difficile d'échapper à cette subjectivité, cette personnalisation : le documentaire est bien une belle critique de Bertrand Tavernier. Certes, on trouvera nombre d’oublis (malgré la promesse de la future deuxième partie), des pans entiers du cinéma français qui lui échappent, mais peu importe ! C’est un voyage au sein du cinéma français DE Bertrand Tavernier, une ode à sa joie qui peut largement être partagée, devenir nôtre, si l’on accepte le principe de base de la critique. Nous ne sommes pas devant une encyclopédie censée couvrir tous les champs et arpenter le cinéma de manière exhaustive. La cinéphilie n'est pas une histoire de dictionnaire, mais un journal intime, un carnet de voyage personnel. Quand un carnet est porté à l'écran et commenté par un animal aussi généreux et enthousiaste que ce grand cinéphile, alors il y a de fortes chances que cette transmission soit réussie.

Elle l’est : on veut revoir ces films présentés. Objectif atteint. J’ai passé 3h30 sans pratiquement m’en rendre compte. Les fauteuils incommodes de l’Utopia se sont rappelés au bon souvenir de mes fesses endormies à la fin, alors que je croyais en être qu’à la moitié du film. Vivement la suite!

jeudi 7 novembre 2013

Quai d'Orsay



2013

Alias: Quai d'Orsay

Cinéaste: Bertrand Tavernier
Comédiens: Raphaël Personnaz - Thierry Lhermitte - Niels Arestrup - Julie Gayet

Notice SC
Notice Imdb

Vu en salle (Cinémed 2013)




Avant-première Cinémed 2013 en présence du cinéaste bien bavard, comme à l'habitude. Le Corum de Montpellier est plein comme un œuf.

Je n'ai pas lu la bédé, je suis comme un nouveau né, tout nu devant ce film et je passe un moment fort plaisant. Je ne suis pas spécialement conquis. J'étais curieux de découvrir une comédie par Bertrand Tavernier  sans m'attendre à quoique ce soit de précis.

Il lui manque indéniablement un montage plus serré. Le rythme des scènes est plutôt bon, mais le film est trop long. Il aurait fallu couper un peu plus, pour donner davantage de dynamisme au récit.

Ne connaissant pas la bédé, je ne savais presque rien. Je savais juste qu'il s'agissait d'une caricature de Villepin par un ancien collaborateur. Je m'imaginais donc qu'on aurait droit à un brassage de vent en règle, à une gesticulation auto-satisfaite du personnage principal. en fait, ça m'a l'air plus compliqué que ça. La façon qu'a Thierry Lhermitte de l'incarner est plus difficile pour moi à appréhender. Ce n'est pas juste de l'esbroufe, il y a de l'obsessionnel chez lui, quelque chose d'allumé, voire d'illuminé qui peut être touchant à la longue.

Avec les autres comédiens, le plaisir continue à prendre ses aises. Mais je reste encore une fois médusé par l'incroyable charme qui se dégage de Julie Gayet  Une des plus belles comédiennes françaises mais également une des plus douées, à n'en point douter. Je découvre Raphaël Personnaz, dans un rôle de témoin, un peu ahuri par le monde qui l'entoure.

Bref, j'ai passé un bon moment, c'est quelque fois assez drôle, mais je m'attendais à une vision plus mordante et critique, plus en profondeur, sur le système alors qu'on a le sentiment que la situation et le mode de fonctionnement du ministère des affaires étrangères sont en plus grande partie les fruits de la personnalité du seul ministre.

mercredi 17 mars 2010

Le juge et l'assassin



alias : The judge and the assassin
1976

Cinéaste
: Bertrand Tavernier
Comédiens: Jean-Claude Brialy - Isabelle Huppert - Philippe Noiret - Michel Galabru

Notice Imdb

Vu en dvd


Revoyure intrigante pour moi car elle fait émerger des sentiments ou des sensations différents du précédent visionnage qui date de plus de 5 ans. D'un point de vue général, je dirais que l'enthousiasme est moins intense. J'adorais ce film, le "classais" (quel vilain mot pour un film!) parmi mes favoris de Tavernier. Je persiste à voir dans cette confrontation de deux malades mentaux un duo magnifique d'acteurs, Philippe Noiret et Michel Galabru,

ce dernier dont la filmographie ménage forcément une pétaradante surprise qui explique sans nul doute son césar du meilleur acteur. Je crois cependant que ces précédents visionnages restaient marqués par cette étonnante prestation, si haut en couleur, si inaccoutumée qu'elle parait dépasser aisément l'entendement et prend des accents d'exploit. Si je la trouve aujourd'hui très maîtrisée, voire riche par moments, difficile et pourtant réussie j'ai du mal à y voir un prodige, un miracle d'acteur. Peut-être que d'autres performances dramatiques, je pense à celle d'Uranus par exemple, sont venues débarrasser notre vision du comédien Galabru de ses oripeaux de saltimbanque courant le cachet comme migraineux après aspirine, de besogneux capable du pire, oubliant le meilleur. Maintenant que l'on sait ce dont il est capable, l'incarnation de cet illuminé ne parait plus aussi folle, mais juste aussi bonne qu'elle devait l'être.

Désormais moins aveuglé par cette participation sans doute ai-je été plus à même d'apprécier le travail visuel apporté par l'immense chef-opérateur Pierre-William Glenn que ce soit lors des extérieurs qui magnifient les reliefs ardéchois notamment,

ou bien encore dans les intérieurs clairs-obscurs.

Le superbe parti-pris très chromatique donne au film une teinte particulière, savoureuse que le cinémascope rend encore plus prégnante. Ces dispositions esthétiques m'avaient échappé ou du moins n'avaient pas été lues telles qu'elles le méritent, me semble-t-il.

De même la performance d'Isabelle Huppert est en tout point bluffante. Si jeune, et déjà si parfaite, d'une justesse incroyable.

Jean-Claude Brialy par contre me semble accentuer un peu trop sur ses intonations. Ce qui colle idéalement au personnage de Galabru sonne parfois faux dans la bouche de celui, si calme, de Brialy. Mais là, j'avoue que je tatillonne avec effronterie.

Venons-en plutôt à l'axe central du film : la lamentable hypocrisie qui sépare le fou, le tueur en série, qui se cache derrière l'anarchie, la lutte des classes, la souffrance physique ou le mysticisme afin d'excuser et de légitimer son incapacité à refréner ses instincts mortifères et puis, le juge, le notable, le bourgeois qui malmène la justice et le droit, sans l'ombre d'une hésitation ni le moindre scrupule, qui manipule son coupable désigné, qui va jusqu'à violer celle qu'il entretient, un lâche qui fuit ses peurs, de la maladie, de la mort, de l'autre en général, infoutu de se dessaisir du jupon maternel.

Aussi enrage-t-il et fait payer au vagabond le fait que lui ne se retient pas. Galabru est le monstre que Noiret cache difficilement au tréfonds de lui-même.

Le scénario d'Aurenche, Bost et Tavernier montre bien la confusion qui règne dès lors qu'on s'attache à définir la folie, à expliquer le crime. Qui est le plus fou, le plus criminel? Surtout, il pose la question suivante : comment fait-on pour juger de la part de folie dans un crime?

Trombi:
Renée Faure:

Cécile Vassort:

Jean-Roger Caussimon:

Monique Chaumette:

Yves Robert:

 Henri Vart, Gilbert Bahon et René Morard:

Gérard Jugnot:

Christine Pascal:

Jean-Claude de Goros:

Jean-Pierre Leroux (plus connu pour sa voix, grand doubleur):

Jean-Pierre Sentier (au milieu):

Michel Fortin:

Daniel Russo:

François Dyrek (gauche):