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mardi 12 octobre 2010

The fog



1980
alias : John Carpenter's The Fog
alias : Fog

Cinéaste: John Carpenter
Comédiens: Adrienne Barbeau - Jamie Lee Curtis - Janet Leigh - Tom Atkins

Notice Imdb

Vu en dvd



Il est toujours agréable de revisiter John Carpenter. C'est comme aller voir une grand-mère sympa, un peu excentrique, avec ses manies, des parfums qui n'appartiennent qu'à elle, des biscuits particuliers pour le thé et des meubles encaustiqués que vous ne trouverez jamais à Ikéa.

John Carpenter est un auteur. Pas de doute là dessus : le style est indéniable, une capacité incroyable à créer une atmosphère avec des riens. Carpenter produit sa propre bande musicale, métallique, rythmique, en parfaite adéquation avec ses plans fixes, furtifs mais répétés de lieux sombres, isolés, d'objets inertes du quotidien, comme perdus, mais vivants, dont l'existence échappe aux hommes et à l'entendement, une indépendance d'où naît un début d'angoisse qui progressivement se met à prendre une plus grande place.



Au cœur du film l'étrange et l'anormal développent un sentiment d'insécurité chez le spectateur. Les personnage paraissent déconnectés, inattentifs au danger qui se profile. Dès lors qu'ils prennent le temps d'observer leur environnement, ils se mettent en danger : le brouillard se lève, de drôles de lumières menacent et la musique de Carpenter sonne l'hallali sur les malheureux humains qui deviennent les jouets des événements.

Certes John Carpenter n'est pas le seul à savoir faire ce tour de magie. Ils sont quelques uns dans les années 80 à avoir su manipuler les émotions du public sur ce simple canevas. En tout cas, moi, ça me va.

Par contre, ce film là perd en intensité dramatique et horrifique à partir du moment où les zombies attaquent frontalement la population.

Le film me plait beaucoup dans la première partie, avec les prémisses du drame. La montée de lait est impressionnante mais la tétée est un peu moins intense. On s'en délecte finalement qu'à moitié. Sûrement, jusqu'à présent, ce "fog" est pour ma petite personne le Carpenter le moins percutant.

Cela dit, je veux insister sur le fait qu'il génère un grand plaisir. Seulement, il ne le fait pas jusqu'au bout. Une petite baisse de régime qui n'est pas trop préjudiciable. Je le répète, c'est toujours un plaisir de retrouver le vieux Carpenter.

Trombi:
Adrienne Barbeau:

Jamie Lee Curtis:

Janet Leigh:

Tom Atkins:

Charles Cyphers:


Hal Holbrook:

Nancy Kyes:

Regina Waldon:

mardi 5 janvier 2010

Columbo : Forgotten Lady



alias : Columbo: La femme oubliée
1975
Saison 5, épisode 01

Réalisateur: Harvey Hart
Comédiens: Peter Falk - Janet Leigh - Maurice Evans - John Payne

Notice d'Imdb
Vu en dvd


Episode riche mais quelque peu décevant car le meurtrier a l'extrême mauvais goût de ne pas apparaître antipathique. On nous prive ici du duel féroce qui fait souvent le sel de la série. C'est tout de même un réel plaisir cinéphile de retrouver Janet Leigh, une des plus belles femmes de l'histoire du cinéma ("Psychose", "La soif du mal", "L’appât", etc), une méga star pour entamer cette cinquième saison. Vedette futée comme sa filmographie le démontre, elle fait preuve d'une grande force de caractère en jouant une star déchue, obnubilée par sa jeunesse fanée, une personnage ô combien pathétique, si folle de sa gloire cinématographique passée qu'elle passe ses soirées à revoir ses films dans une salle de projection privée. Complètement folle, elle va jusqu'à tuer son mari (Sam Jaffe) qui refuse de financer son retour triomphal sur la scène.

Leigh est fascinante comme toujours jouant de son image et de la réalité avec une distance impressionnante.

Ce qui est encore très intéressant et enrichissant c'est le renouvellement de la structure narrative que l'épisode impose avec une ingénieuse participation d'un tiers dans la résolution de l'affaire entre Columbo et Leigh. John Payne -fichtre il a tellement vieilli que je ne l'ai pas reconnu-

permet d'installer une sorte d'auditoire au lieutenant dans l'élaboration de son raisonnement. A la manière d'un Hastings pour Poirot, c'est lui qui est confronté à la pensée de Falk, la meurtrière étant incapable de l'entendre. Subtil, novateur, ce dispositif n'est pas sans charme mais n'égale en rien, à mon avis, l'affrontement direct entre Columbo et son assassin. Ici Falk élabore un lieutenant toujours aussi entêté mais totalement impuissant devant cette Janet Leigh désarmante. D'abord fan absolu et révérencieux, il cherche en vain à enclencher un autre type de relation, plus vindicatif. Mission impossible. Le film se termine sur une pirouette, élégante, classieuse et que d'aucuns qualifieront de "révolutionnaire", mais que je ne parviens pas à vraiment estimer autrement que comme une mise en touche, mi-figue, mi-raisin, je ne me résous pas à ce final. Je crois que l'essentiel de ma déception, légère je le répète, vient de drôle de dénouement.

A noter que l'élément comique du téléfilm réside ici sur l'aversion de Columbo pour les armes. Tanné par ses supérieurs de venir passer ses tests de tir qu'il évite depuis trop longtemps, le lieutenant va s'échiner à éluder la pression hiérarchique, jusqu'à gruger son monde de manière tout à fait effrontée, histoire de se rendre encore plus sympathique chez les spectateurs.

PS. Oups, je n'ai pas reconnu Maurice Evans, le Dr Zaius de la Planète des singes. Je l'ai même trouvé moyennement bon, excessif dans ses bouderies et ses renfrognements trop voyants à l'encontre de Columbo.

jeudi 22 octobre 2009

L'appât




1953

Titre original : The naked spur
Titre francophone : L'appât

Cinéaste: Anthony Mann
Comédiens: James Stewart - Janet Leigh - Robert Ryan - Ralph Meeker

Notice Imdb

Vu en dvd



Vu en décembre 2006:
Que n'ai-je connu ce film plus tôt! Remarquable western! Comment se fait-il que ce film soit si peu cité? Alors qu'en bien des points il est plus que très bon.

D'abord, commençons par poser le récit. Il s'agit d'une sorte de huis-clos des grandes espaces. 5 personnages pas vraiment archétypaux (première note surprenante d'authenticité) s'affrontent lors d'un périple périlleux à travers la vastitude du grand ouest.

Howie, joué avec un brio hors du commun par James Stewart est un type désespéré, à la limite de la dépression nerveuse, bafoué en amour, trahi et plein d'amertume.

Il s'est mis en tête, de manière quasi obsessionnelle d'attraper Ben, un gars accusé de meurtre, lequel est interprété magnifiquement (avec moult subtilités de ton et de gestes) par un étonnant Robert Ryan.

Ce dernier est flanqué d'une amoureuse et quelque peu naïve Lina (Janet Leigh) qui va progressivement se rendre compte qu'elle fait fausse route.
Quelle performance d'actrice pour ce rôle plein de passion et de subtilité! Encore de la subtilité? Mais ce film en est bourré de ces petites notes, qui sans en avoir l'air, font passer un souffle d'émotions.

En chemin, Howie va s'adjoindre les services du vieil Jesse Tate (Millard Mitchell) et de Roy Anderson (Ralph Meeker), un énigmatique officier de cavalerie déchu de ses fonctions pour d'obscures raisons.

Dans ce groupe, Ben le prisonnier va insidieusement gangrener les relations entre les trois mercenaires, les mettant face à leurs vénales ambitions et par là, face à face, cupidité contre cupidité.

Mais on pourrait facilement justifier un sixième larron, un personnage à part entière, créé de toute pièce par la mise en image et la mise en scène de Mann : la nature, omniprésente, à la fois vaste geôle, fourbe et bourreau à l'occasion.

Surtout elle exacerbe les velléités, les désirs, les peurs, les rêves et les cauchemars des protagonistes. La nature révèle les personnalités de manière quelque peu perverse. Sans pitié.
Omniprésente en arrière plan, même dans les scènes d'action. Toujours là. Derrière (en fond les reliefs montagneux, les rivières), autour (la masse rocheuse, les barrières de rocs à escalader, au dessus (la voûte céleste superbement mise en exergue comme une chape de plomb par des contre-plongées savamment orchestrées), au niveau sonore enfin avec les bruits continuels de la nature, les torrents impétueux, le vacarme des rochers qui dévalent, etc. Bref, la nature emprisonne les personnages dans leur trajet. Ne les lâche pas d'un pouce, exerçant une pression continue, sur leurs blessures physiques mais plus encore morales, jusqu'à les étouffer, à l'étuvée, jusqu'à les faire exploser.

C'est somptueusement écrit et réalisé. Le scénario est on ne peut plus simple et pourtant, s'y cachent ici et là des moments de grandes émotions, de rare violence également(encore un sujet d'étonnement pour un western de cette époque, bien avant les Leone ou Peckimpah), d'originalité enfin, avec d'habiles interprétations surtout de la part de James Stewart et Janet Leigh, interprétations touchant pour ces deux-là au sublime.

C'est tout connement un des plus beaux westerns que j'ai vu jusqu'à présent. Et je m'étonne encore plus de ne le découvrir que maintenant. Le cinéma offre parfois d'éclatantes surprises, éclatantes et ô combien réjouissantes. Celle-là en est une belle!

dimanche 21 juin 2009

Act of violence



1948
alias : Acte de violence

Cinéaste: Fred Zinnemann
Comédiens: Van Heflin - Robert Ryan - Janet Leigh - Mary Astor

Notice Imdb
Vu en dvd




Une fin de film qui merdoie un peu ou se termine en eau de boudin pour être moins directement scatologique, une fin chiffonnante qui ne parvient pas à ternir la très bonne impression que m'a fait ce petit film noir, pas si petit qu'il en a l'air. Petit mais costaud donc. D'abord et surtout par le très joli travail conjugué du réalisateur Fred Zinnemann et de son chef opérateur Robert Surtees, travail qui consiste en de judicieux placements de caméra au service de personnages très efficacement cadrés par Zinnemann et de somptueux jeux d'ombres et lumière qui rappellent ceux des plus grands noirs ("Sunset Boulevard" de Seitz, "The killers" de Bredell).

Bien souvent le film atteint des sommets d'expression dans les non-dits grâce à cette association cadre/personnage/lumière. D'une intelligence et d'une beauté peu communes, cette mise en image donne vie à des personnages et des situations qui évoquent le sentiment de culpabilité quand il se mêle de peur, la notion de justice quand elle se confond avec la vengeance. Et c'est sur le dénouement très brutal que je porte un regard plutôt perplexe. Ici je spoile, fuyez tant qu'il est encore temps! Rendez-vous après les astérisques.


*** DEBUT SPOILER
Je doute que le parti pris de "tuer" Van Heflin soit du meilleur goût. Certes, j'entends que la bien-pensance américaine n'a pu l'épargner car il avait trahi. Mais bon sang, à quoi bon chercher et lui trouver des circonstances atténuantes alors? Certes n°2, en sauvant Robert Ryan,

il se rachète et trouve dans cette fin tragique une sorte de rédemption sacrificielle. Or le rachat par la sang est une notion qui moralement me gêne pas mal. Alors bien sûr il ne s'agit que d'un jugement moral, tout personnel et qui n'a que très peu à voir avec les qualités cinématographiques du film.

J'essaie d'en faire au maximum abstraction, non pas "abstraction", ce n'est pas le terme approprié... "distinction"! On ne peut pas faire abstraction d'un aspect moral que l'on se fait d'un film. C'est comme l'humeur du moment, ça participe du ressenti. Il faut juste bien le stipuler comme tous les éléments subjectifs qui décorent la façon dont on accepte ou pas un film. Donc, ici, je ne ne peux m'empêcher de penser que le scénario a bien arrangé les affaires de Robert Ryan qui peut partir bras-dessus bras- dessous avec sa compagne, la conscience tranquille. "Ce n'est pas moi qui l'ai fait", lui dit-il, presque déçu.

L'honneur est sauf, il n'est pas un assassin. Pourtant... il est totalement responsable -"responsable mais pas coupable" comme dirait l'autre- de cette mort. C'est son obsession vengeresse qui a poussé Van Heflin vers la mort. Ce petit dysfonctionnement scénaristique -ou moral- m'a un peu laissé sur ma faim.
*** FIN SPOILER


Le casting est assez classe. Van Heflin est un type que j'ai peu vu jusqu'à maintenant et qui par moments m'a fait belle impression, notamment lorsqu'il commence à perdre les pédales.

Robert Ryan n'a pas un rôle vorace en efforts, assez impassible il me semble.

Mary Astor m'a produit un petit choc. Je crois que je ne l'avais jamais vue aussi âgée. Elle est encore bien, mais très amaigrie, fine. Les rides sont là, pas cachées. Elles lui donnent du chien.
J'ai déjà dit comme j'aime les femmes qui assument leur âge? Oui, passons.

Difficile de ne pas être encore une fois épaté par le jeu de Janet Leigh.

J'ai longtemps eu l'imbécile conviction qu'elle était juste une très belle femme. Or, il se trouve qu'elle est également une très belle actrice. Le dernier film où je l'ai trouvée remarquablement douée, "Touch of Evil" de Welles, montre bien que cette femme était pétrie de talent. Là encore, elle fait montre d'une agilité et d'une diversité dans son jeu qui continuent de me séduire et de me surprendre.