jeudi 19 avril 2012

They live



1988
Alias: Invasion Los Angeles

Alias: John Carpenter's They Live

Cinéaste:John Carpenter
Comédiens:
Roddy Piper -Keith David -Meg Foster -George 'Buck' Flower

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en dvd


L'immersion dans le cinéma métallique de John Carpenter est à chaque fois pour moi un rendez-vous ludique plein de satisfaction. Pas de déconvenue à déplorer jusqu'à maintenant.

Ce qui ravit ici c'est le sous-texte d'une rare insolence politique. L'iconoclaste Carpenter ose montrer une Amérique pauvre, délaissée, débulbée. On est à la limite de la peinture gauchiste au vitriol. Les USA de Ronald Reagan, de ses successeurs ultra-libéraux et néo-conservateurs sont dépeints comme un pays en voie de décomposition.

Les aliens ne sont plus les rouges cocos mais les riches, les opulents qui ont mis en place un système hyper-fliqué dans lequel la divergence politique est aussitôt réprimée dans la violence policière. Peut-on faire plus corrosif?

Il ne s'agit pas d'un pamphlet à proprement parlé, il faut lire entre les lignes mais le parcours du spectateur vers cette analyse est si facile, si pavé de petits cailloux blancs qu'il est impossible de ne pas le suivre. Le scénario coule de source.

Carpenter en appelle à la mythologie science-fictionnelle maccarthiste des années 50 et se l'approprie pour en dégager une problématique inverse. On est également très proche de Big Brother et toute cette littérature d'anticipation politique alarmiste sur les libertés individuelles. Car, au fond, comme le dit en substance l'un des héros (très ras du bulbe Roddy Piper), c'est tout de même de la prise d'initiative personnelle au sein d'un collectif que la solution est trouvée. Chacun réagit individuellement d'abord, en citoyen électron libre et décide ensuite de se révolter en commun.

D'un autre côté, Carpenter semble s'amuser à décorer ce fond grave de scènes d'action presque grossières... "grotesques" est le mot. La scène de baston entre les deux héros est-elle un clin d'œil à la carrière de catcheur de Roddy Piper ou une farce que nous joue Carpenter? Un peu des deux certainement.

On a l'impression que le film se divise en deux parties, la première, sérieusement critique, faisant un constat amer sur la société américaine et la seconde, sorte d'exutoire révolutionnaire et hyper-violent. Le décalage entre les deux parties est assez prononcé et m'ennuie un peu. "Un peu", ai-je dit! Je ne sais pas trop pourquoi mais je tique un chouïa alors que fondamentalement, cela devrait me plaire. Va comprendre, Charles!

En fait, je crois que ce qui me tarabuste, ce sont tout bonnement les comédiens. Roddy Piper

est nullissime et Keith David semble se mettre à son triste niveau.

Quant à Meg Foster, elle me fout la trouille! "Mets des lunettes de soleil, madame, s'il te plait et puis joue un peu... je ne sais pas... enlève le balai, il gêne. Manifestement!"

Bref, un film jubilatoire, croquant, avec des canines apparentes, mais doté d'acteurs particulièrement dispensables.

Trombi:
George 'Buck' Flower:

Peter Jason:

Raymond St. Jacques:

John Lawrence:

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