mardi 11 octobre 2011

The ghost writer



2010

Cinéaste:
Roman Polanski
Comédiens:Ewan McGregor -Pierce Brosnan -Kim Cattrall -James Belushi -Timothy Hutton -Olivia Williams

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en blu-ray

Dieu sait si je ne suis pas un fan de Roman Polanski! Je me demande même si j'ai jamais aimé un de ses films. Oh, certes, je les ai suivi souvent sans déplaisir, mais cela finit toujours par me laisser un goût d'inachevé, de déception. Je n'arrive pas vraiment à entrer dans son univers et entendre son cinéma. Je ne dis pas que c'est mauvais, je dis juste que je ne trouve pas la clé.

Ce préalable était nécessaire pour expliquer la surprise qui me scie à la fin, quand je me rends compte que j'ai aimé. Enfin, j'aime un film de Polanski! Champagne!

Cela n'a jamais été du côté esthétique que se tournaient mes récriminations. Et ce "ghost writer" ne déroge pas non plus à cette règle. J'ai trouvé le film très beau. La photographie de Pawel Edelman, travaillée numériquement sans doute, impose une froideur glaçante, avec des tons grisâtres continus.

Le choix des décors, à la modernité de béton, austère, est parfaitement justifié pour proposer un cadre à cette histoire puante d'espionnage. Autant j'ai beaucoup de mal avec cette tendance qui dure depuis maintenant de très nombreuses décennies et qui impose une photographie entre vert et jaune pisseux, caca d'oie, autant je suis ravi ici par la nouvelle mode de ces photographies numériques (ou retravaillées par ordinateur) qui donnent des images très douces, veloutées, arrondies et aux couleurs très caractéristiques, apportant une certaine sophistication. "The American" de Corbin est l'exemple type de ces films à la photographie superbe, élégante et très parlante. Or, ce "ghost writer" est sûrement tout aussi représentatif : une photo belle et intelligente à la fois.

L'histoire nous plonge comme tout bon thriller politique dans les arcanes et soubassements du pouvoir, un monde depuis la nuit des temps gangrené par les falsifications et le cynisme. Difficile de savoir qui est qui, qui fait quoi et quelles sont les réelles motivations de tout un chacun.

La vision géopolitique qui nous est présentée fait montre d'un mordant croustillant, d'un humour pince sans rire, mais très corrosif, qui situe très aisément la position de son auteur quant à l'implication de la Grande Bretagne dans la guerre en Iraq. Son suivisme atlantiste bien réel est ici utilisé pour nous raconter une histoire d'espionnage made in CIA. Les ficelles sont un peu grosses, bien entendu, mais n'ont l'ambition d'être autrement tendues que pour notre divertissement, ce n'est donc qu'accessoirement qu'elles fustigent le simplisme comme la tromperie du gouvernement Blair sur lesquels se sont constitués les prétextes des va-t-en-guerres.

Le scénario les prend à son compte, en en faisant l'argumentaire général, mais c'est bel et bien la progressive et minutieuse enquête du nègre (Ewan McGregor) dans le passé de son sujet de biographie (Pierce Brosnan) qui est au centre de notre attention.

Le suspense est soigneusement amené sur un rythme maitrisé, grâce à un montage équilibré, impeccable et un scénario tout aussi efficace.

Les acteurs sont très très bons.
Ewan McGregor

affiche une assurance qui m'épate de plus en plus.
Je connais peu Pierce Brosnan en dehors de James Bond. Il est ici formidable et m'impressionne par la richesse de tonalités qu'il donne à son personnage.

Je voudrais par ailleurs saluer l'intelligence de la partition musicale d'Alexandre Desplat. Avec une cadence régulière, lancinante, une certaine légèreté et une sorte de discrétion qu'on l'on sent contenue, la musique est souvent présente et participe largement de ce climat oppressant de mystère et d'angoisse. Une participation réussie, parfaitement intégrée.

Trombi:
Olivia Williams:

Tom Wilkinson:

Eli Wallach:

Timothy Hutton, James Belushi et Jon Bernthal:

Kim Cattrall:

Robert Pugh:

David Rintoul:

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