samedi 6 août 2011

Transformers: Dark of the Moon



2011
Alias: Transformers 3: la face cachée de la lune


Cinéaste:
Michael Bay
Comédiens:
Shia LaBeouf -Josh Duhamel -John Turturro -Rosie Huntington-Whiteley

Notice Imdb
Notice Cinéprofil
Vu en salle

J'aurais préféré voir la face cachée de la lune de Megan Fox. Indéniablement. La présence de cette bombe était pour beaucoup dans l'acceptation de ce magma foutraque d'effets spéciaux, de mouvements et de plastiques adolescentes que met en scène Michael Bay avec une largesse que d'aucuns estiment le comble de la vulgarité. Sur ce 3e opus, je ne suis plus apte à leur porter tort.

C'est fou. Autant je consentais à trouver le spectacle des deux premiers épisodes au moins étonnant, en tout cas dignes d'un certain intérêt, justifiant même sûrement une analyse poussée encore hors de ma portée, autant avec ce dernier j'aurais bien du mal à prêter la même oreille attentive. J'ai retrouvé le style Bay, ce mouvement perpétuel de la caméra, jouant des obliques, se penchant, virevoltant, accentuant les formes et les profondeurs, ces plongées, contre-plongées qui donnent du relief et intensifient aisément les aspérités de la narration, mais au bout du compte, il se dégage une sale impression de facilité, dans le mauvais sens du terme, un laisser-aller à des bouts de recettes, efficaces ailleurs, mais surtout un manque de recherche et de renouvellement.

Autant Michael Bay m'avait jadis surpris, agréablement, créant une esthétique qui lui est propre et que pas mal de tâcherons lui piquent sans vergogne ni génie, autant je me suis plutôt ennuyé à voir et revoir des séquences sans originalité, assez conventionnelles dans l'outrance d'un scénario toujours identique, proposant toujours les mêmes thématiques chères à l'ado boutonneux ou l'occidental moyen vingtenaire. Les personnages de Transformers n'ont jamais été bien intéressants, il est vrai, mais sur ce T3, c'est encore plus médiocre. Autant... autant en emporte le vent, le vide intersidéral.

Seule l'espèce de jubilation enfantine à laquelle semblent se laisser aller certains comédiens peut susciter un début de sourire : Malkovich, McDormand et Turturro paraissent prendre goût à faire les clowns dans cette farce robotico-vroum-vroumesque. Je l'espère pour eux, quoique leurs cachets ont dû suffire à leur satisfaction. Je ne vois guère plus qui pourrait leur titiller le bulbe.

Le film est une série de scènes de guerre, de luxe, d'effets visuels pas toujours heureux où le message éminemment politique mais simplet se résume à la bonne vieille ritournelle hollywoodienne de l'Amérique toute puissante et salvatrice. Venant juste de terminer "L'Amérique des néo-conservateurs : L'illusion messianique" d'Alain Frachon et Daniel Vernet que je ne saurais trop vous conseiller si vous vous intéressez à l'actualité internationale et aux méandres idéologiques qui président à l'évolution de notre temps, j'ai donc été plus particulièrement apte à décoder le sous-texte néo-con dont est porteur ce film : l'Amérique est garante de la démocratie de par le monde, la bannière étoilée quoique déchirée claquera toujours au vent, l'Irak ravagé n'est pas un échec car l'idéal universaliste étatsunien est juste, etc.

Le discours en soi n'est pas dérangeant, il s'entend, s'articule, repose sur des données plus ou moins rationnelles, c'est bien plutôt la manière laborieuse et grossière avec laquelle le film nous l'assène qui me déplait.

M'enfin, on est prévenu, on le sait, Bay n'est pas un artiste peintre qui travaille au pinceau mais bel et bien au rouleau, sans doute pâtissiers d'ailleurs.

Si bien qu'au final, le temps parait très long. Une demi-heure de trop pour moi (minimum syndical). Une hâte d'en finir qui gâche le peu de plaisir que j'ai pu grappiller ici ou là.
Mini Trombi:
Rosie Huntington-Whiteley:

Shia LaBeouf et Tyrese Gibson:

John Malkovich:

Frances McDormand et Josh Duhamel:

John Turturro:

Patrick Dempsey:

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