jeudi 7 juillet 2011

The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring



2001
Alias: Le seigneur des anneaux - La communauté de l'anneau

Cinéaste:
Peter Jackson
Comédiens
:
Elijah Wood -Viggo Mortensen -Ian McKellen - Liv Tyler

Notice Imdb
Notice Cinéprofil
Vu en Blu-Ray

Mamma mia! Je l'espérais, ils l'ont fait : la trilogie en version longue avec une vraie bonne édition Blu-Ray. Juste un peu déçu qu'ils n'aient pas poussé le respect de l'œuvre jusqu'à la bluraisation des bonus.

Mais l'essentiel est le film. Sauf peut-être sur quelques scènes d'ombre, le rendu visuel est tout simplement époustouflant avec cette délicieuse sensation de découvrir un autre film, d'apprécier à sa juste valeur l'incroyable soin pris à former, non, à sculpter des décors, tisser des vêtements somptueux ou forger des armes ciselées. Tout cela nous le savions par les bonus mais avec le blu-ray, la netteté des détails les plus fins nous met devant les yeux cette méticulosité artistique pendant le visionnage du film même. C'est un plaisir renouvelé et qui ne souffre aucun raté. Tout le long du film, on se laisse aller aux débordements intempestifs d'enthousiasme, les "oh", les "oh la la", et autres "putain" ou "wouahhh".

On touche de la rétine l'énorme travail de reconstitution pictural de l'équipe pour rester au plus près des illustrations de John Howe et Alan Lee qui ont participé au design de la trilogie.

Paysages, cadrages et surtout travail sur les couleurs procurent un immense spectacle, un ravissement quasi constant, enchanteur, poussant le merveilleux vers son paroxysme formel. En effet, peut-on faire mieux que ces plans d'exposition, de la Comté, de Fondcombe et autres véritables œuvres d'art que le film révèle sans cesse?

Quand j'étais jeune, j'ai tenté l'expérience littéraire Tolkien mais m'en suis lassé rapidement, ne réussissant pas à terminer le quart du premier tome. C'est donc sans grande attente mais avec une curiosité habituelle que je me suis installé devant ce film qui passait en version longue, sur Canal je crois, il y a de cela quelques années. Et j'ai immédiatement été happé par le récit qu'en fait Peter Jackson.

Outre la beauté visuelle du film, c'est sans doute la capacité des comédiens et donc du réalisateur d'avoir su rendre le récit parfaitement crédible. Avec une belle force de persuasion, le merveilleux devient plausible. La profusion de détails dans les costumes, comme les langues, les cultures, cette diversité, cette richesse donnent une teinte réaliste à ce conte fantaisiste. C'est quand même un exploit, non?

Avec le Blu-Ray, les effets numériques, les maquillages et les filtres sur la photo sont beaucoup plus visibles. Depuis cette époque, les effets spéciaux ont encore beaucoup évolué, mais jamais cela n'altère pas le spectacle. A la limite, de voir les effets rend le visionnage plus agréable : on sirote le travail bien fait. C'est un film que j'ai vu et revu plein de fois, forcément le regard s'affine et on n'en apprécie que davantage un divertissement aussi solide et cette sorte de pérennité dans les effets : la grâce des grands films.

Le premier chapitre me plait énormément aussi pour son habileté à présenter les personnages et les enjeux. Un très bel équilibre se dégage de cette masse d'informations. A tel point que j'ai du mal à comprendre comment on peut se passer de la version longue. Cela me parait impossible, ou du moins à fortement déconseiller. L'indispensable version longue se lit tellement facilement, ce serait péché que de s'en passer.

Ce premier opus semble d'ores et déjà aborder des thèmes politiques ou écologiques qu'on retrouvera dans les parties suivantes. J'ai comme l'impression que cette histoire fait écho à la grande Histoire, la nôtre, à des notions de philosophies politiques qui touchent tout le monde, toutes les cultures, comme l'isolationnisme, le bellicisme, le pacifisme, la solidarité internationales, la mondialisation, la sur-consommation, le respect de la nature. J'en ai entendu beaucoup sur les sous-lectures que l'on peut faire du "Seigneur des Anneaux" mais j'ai le sentiment que celles du film sont moins nombreuses cependant.

Et puis ce premier film réserve quelques unes des plus spectaculaires scènes de la trilogie. Ma préférence va à la traversée des mines de la Moria. L'écriture scénaristique de Peter Jackson et son équipe est méticuleuse, métronomique. Le suspense dans les temps se confond soigneusement avec cet espace à la fois vaste, étouffant et tellement sombre. A ce propos, le travail sur le son prend dans cet univers ténébreux un poids considérable dans la construction de la mise en scène. La disparition de Gandalf conclue ce périple avec un pic d'émotion marquant.

J'ai aussi beaucoup aimé la descente de la rivière jusqu'aux colosses de l'Argonath, visuellement délectable bonbon. Et puis la bataille finale contre les Uruk-Haïs, la mort de Boromir en apothéose.

Le lancement du deuxième chapitre est si efficace que son attente est difficilement négociable. Une fringale vous tenaille.

J'ai vraiment pour ce premier film une affection particulière, premiers baisers, premiers souvenirs amoureux de la trilogie, mais aussi une forte admiration pour un travail d'écriture et de concrétisation ahurissant, qui a été produit pour créer un bel objet dans le fond comme dans la forme.

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