samedi 5 mars 2011

Per un pugno di dollari


1964
alias : Fistful of Dollars
alias : Pour une poignée de dollars

Cinéaste: Sergio Leone
Comédiens: Clint Eastwood - Gian Maria Volonté - Marianne Koch

Notice Cinéprofil
Notice Imdb
Vu en blu-ray


Dans les coins sombres de ma mémoire se terre si profondément le souvenir de mon premier Leone que je ne sais plus si c'est celui-là ou bien "Il était une fois dans l'ouest" que j'ai vu. Devait y avoir un cycle Leone au cinéma parce que les deux empreintes se confondent désormais pour moi.

Quoiqu'il en soit, cette poignée de dollars, avec le recul du temps, des revoyures multiples, me stupéfie : le film est le premier western de Sergio Leone et déjà toute l'invention du cinéaste est là, sous nos yeux et nos oreilles. Sergio Leone est un peintre décorateur qui a absorbé les caractéristiques du western pour refonder le mythe, lui donner une parure toute nouvelle, toute flamboyante, extrêmement chargée de signes faussement réalistes, aux limites du caricatural, comme si le film pouvait tomber dans l'excès, une grossièreté de caractères où les personnages taillés à la serpe participeraient à sur scène à une farandole ou une représentation proche de la farce, festive, provocatrice et bariolée, mais très vivante et saine malgré la crasse apparente, l'ostentation de la crapulerie.

Or, jamais ils ne tombent dans le ridicule ni dans une forme trop grossière pour eux. J'emploie souvent l'image du funambule pour évoquer cette gracieuse gesticulation d'équilibriste à laquelle beaucoup de cinéastes s'adonnent mais je crois qu'ici Leone réalise un exploit flagrant dans ce sens. Ce qui est encore plus fabuleux, c'est qu'il va parvenir à une plus grande maitrise dans ses films suivants, incluant des jeux de relation plus complexes entre des personnages plus fouillés.

Dans cette poignée de dollars, les rapports humains sont chiches, se résumant pour l'homme sans nom (Clint Eastwood) à son duel avec Ramon (Gian Maria Volonte) et sans doute quelque chose de plus subtil avec Marianne Koch, entre séduction et bienveillance. Ça s'arrête là.

Le principal argument du film, considérablement pompé sur "Yojimbo" de Kurosawa, reste le passage de ce personnage étrange, sans nom, dans une ville où règnent violence et corruption, où deux clans s'affrontent dans un élan destructeur des plus pervers. L'homme sans nom par sa malignité et son sens moral joue l'ange divin, salvateur des hommes, justicier et bourreau des monstres assassins.

Ce chien dans un jeu de quilles, Clint Eastwood l'incarne avec maestria. Le jeune comédien va ainsi imposer son regard bleu, malin, sur toute une série de westerns léoniens avant de le refroidir complètement pour les Dirty Harry. Il érige là tout un nouveau pan de la mythologie westernienne.

De la même manière Gian Maria Volonte parviendra à étoffer son rôle de malade de la gâchette dans "Et pour quelques dollars de plus" mais déjà il insuffle à son héros infernal toute la pourriture et la mégalomanie nécessaires. J'adore cet acteur. Il a un truc indéfinissable qui fout les jetons. Par bien des aspects, il me fait penser à Maurice Ronet : des belles gueules qui auraient pu jouer les héros, mais qui par dans leur visage savaient si bien exprimer la part de ténèbres de l'humain qu'ils se sont ainsi coltinés des rôles de salopard en pagaille.

Difficile de contourner le nom d'Ennio Morricone qui ici, comme les autres, trouve tout de suite sa place dans le traitement scénique de cette histoire. L'habillage musical est formidablement original, très entrainant, entêtant et surtout en phase avec l'univers sonore qu'on imagine de cette époque là. Sa musique est tellement efficace qu'on a du mal ensuite à ne pas l'associer directement avec le genre, le far-west, le vrai, le pur, le juteux, avec les glaires, les poils de barbe mal rasé, le hâle, les bottes empoussiérées, bref, le réel à barbaque.

"Pour une poignée de dollars" ouvre la porte de l'histoire du cinéma à coups de grandes tatanes, des tiags assurément! Et le public ahuri d'abord par ce qu'il a vu sur l'écran, reste ensuite friand de cette nouvelle forme de comedia delloueste. En avant pour le nouveau péplum, le western spaghetti est lancé, servi al dente!

Trombi:
Clint Eastwood:

Marianne Koch:

Gian Maria Volonté:

José Calvo:

Sieghardt Rupp:

Benito Stefanelli:

Joseph Egger:

Antonio Prieto:

Margarita Lozano:

Bruno Carotenuto:

Wolfgang Lukschy:

2 commentaires:

  1. The picture labelled Benito Stefanelli is Mario Brega not Stefanelli

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  2. Yes, thanks. I don't know why I missed that.

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