dimanche 28 juin 2009

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants


2004
Cinéaste: Yvan Attal
Comédiens: Yvan Attal - Johnny Depp - Alain Chabat - Charlotte Gainsbourg - Emmanuelle Seigner - Aurore Clément - Anouk Aimée - Claude Berri - Ben Attal
J'ai revu il y a peu Ma femme est une actrice, qui m'avait peu emballé. Celui-ci reprend les mêmes thèmes sur le couple, la fidélité, la morale bourgeoise, la famille, la solitude et la peur d'avoir à choisir finalement. Je suis assez surpris par les nombreux changements dans la forme d'abord. "Ma femme est une actrice" était un film assez doux à regarder avec une caméra qui tournait beaucoup autour des acteurs, qui évoluait en travellings lents, délicats, se déplaçait de façon très fluide, caressante. Ici la caméra semble être très souvent à l'épaule, elle tremble, vacille sans arrêt ni sans vraiment de justification. Cela finit très vite par être lassant. Il y a plein de petits détails qui semblent significatifs à première vue, mais qui ne le sont pas vraiment : des secondes en trop dans une ou deux scènes, ou alors un flou sur Charlotte Gainsbourg en pleurs dans un café avec en arrière plan une voiture qui stationne, très nette, à moins que ce soit la bouche de métro? On attend que quelqu'un sorte de cette voiture ou de cette bouche de métro, on attend toujours. Bêtement. S'il s'agit de montrer le trouble du personnage, autant tout flouter.

Il n'y a pas que dans la forme que le film prend de la distance avec son devancier, dans le ton également. Ce film est beaucoup plus sombre. L'humour y est distillé avec parcimonie. Et j'avoue que sur ce point, ce n'est pas plus mal. Un peu de gravité ne nuit pas à l'ensemble.

Néanmoins, je ne suis toujours pas ému par le film, ni même un brin interpellé. Frustrant. J'imagine que les personnages ne me touchent pas vraiment, mais je ne parviens pas à en saisir vraiment les raisons. Je vis pourtant en couple, ces interrogations devraient me titiller un tantinet. Ca aurait pu. Tant pis.

M'enfin c'est toujours très agréable de suivre un film ave Charlotte Gainsbourg qui continue peu à peu de faire son petit bonhomme de chemin, elle joue très très bien cette femme! Sa femme est une actrice, certainement!

J'aime également voir Alain Chabat dans un rôle moins comique, avec des fêlures et des peurs non assumées.

L'Ultimo capodanno


alias : Humanity's Last New Year's Eve
alias : Le Dernier réveillon
1998
Cinéaste: Marco Risi
Comédiens: Monica Bellucci - Marco Giallini - Beppe Fiorello - Max Mazzotta
Le dernier réveillon est un film foutraque, un film choral délirant, à l'humour gras, qui m'en touché l'une sans bouger l'autre (désolé, j'avais envie d'être vulgaire, là, d'un coup d'un seul). Electrocardio à zéro. Cet ennui s'est installé gentillement, progressivement, sans crier gare. C'est fouilli dès le début. Une ribambelle de scènes et de personnages se téléscopent sans cesse. Finalement, on parvient à les situer, on devine même le climax final. On est juste étonné parfois par l'audace de certaines scènes (une scène d'urophilie par ex), sans pour autant en comprendre la nécessité, le sens profond. Mais à la fin, on ne peut s'empêcher de penser que cette audace se confond un peu avec de la complaisance.

Monica Bellucci est filmée sous toutes les coutures, c'est le moins que l'on puisse dire, elle est le plus souvent à poil, sans que cela soit réellement nécessaire.


D'autre part, le crescendo gore vers la fin et la mise en scène exubérante explose dans un délirium pas très mince, au contraire, bien gras, bien provocateur, mais qui au fond se révèle d'un vide et d'une fadeur plutôt navrants.

C'est un humour qui m'échappe. M'enfin l'affiche misant sur les avantages mammaires de la sublime Bellucci finit de me convaincre des ambitions simplistes de la production. Ohhh ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. C'est déjà un réel plaisir de contempler la beauté de cette actrice, qui en plus, est dotée d'un talent certain pour la comédie. Ca tombe bien.


Mais disons que c'est encore mieux quand le film veut dire ou faire éprouver quelque chose. Ici, j'ai du mal à situer tout cela. Et par conséquent, je me retrouve un peu désappointé qu'ils ne soient pas allés au bout de leur démarche en faisant baigner tout le film dans un érotisme gore assumé, au lieu de faire un mélange des genres plutôt terne et indécis.

Jitsuroku Abe Sada


alias : La Véritable histoire d'Abe Sada
alias : A Woman Called Sada Abe
1975
Cinéaste: Noboru Tanaka
Comédiens: Junko Miyashita - Genshu Hanayagi - Yoshie Kitsuda - Hideaki Esumi
Aïe. Je ne sais plus dans quelle mesure le fait d''avoir vu et aimé L'empire des sens d'Oshima qui raconte à peu près la même histoire a pu jouer dans l'état attentiste dans lequel je suis resté tout le long du film, espérant cet élan d'enthousiasme qui m'a submergé sur Marché sexuel des filles ou Bondage et qui n'est ici jamais vraiment venu.
Sur le plan esthétique par exemple, les plans et les cadrages intéressants, beaux ou fûtés, se font rares. La réaisation parait plus sage, plus classique.

Heureusement Tanaka met en scène une actrice de tempérament et de talent indéniables. Junko Miyashita confrme tout le bien que je pensais d'elle depuis que je l'ai "découverte" dans Bondage. D'ailleurs on notera la proximité des deux personnages qu'elle y incarne : une femme très amoureuse, passionnée, au-delà de la raison. On retrouve ce regard perdu ou apeuré par tant de folie qui se déchaine en elle. Cette actrice est choucardement bien filmée. Ce sont à peu près les seuls séquences qui rappellent que Tanaka est derrière la caméra, qu'il aime filmer les visages et expressions de ses personnages. Il y a même un plan avec ses fameux changements de lumières et couleurs, un procédé particulièrement tanakien, où l'on voit le front de Junko s'illuminer de réverbérations aquatiques après qu'elle eut émasculé son homme.



Un film qui vaut essentiellement d'être vu pour Junko Miyashita mais qui se prend une méchante droite par la version d'Oshima.

Il seme dell'uomo


alias : La semence de l'homme
alias : The seed of man
1969
Cinéaste: Marco Ferreri
Comédiens: Annie Girardot - Anne Wiazemsky - Rada Rassimov - Marco Margine
Je me suis profondément ennuyé, ne parvenant jamais à entrer dans cette histoire désorientée. Je me demande si les scénaristes savaient franchement où ils allaient. Je m'interroge sur la portée du film. Que son symbolisme soit élitiste ou de pacotille m'importe finalement peu, il n'en reste pas moins que je n'y adhère en aucune manière. Les personnages et leurs trajectoires forment un tout assez indigeste, c'est bien la seule chose que je trouve à dire. C'est triste parce que j'aime beaucoup le cinéma de Ferreri. Là, je me suis fait eu, par ignorance, inaptitude ou que sais-je, bref, ne comprenant pas où il voulait en venir. Long, sans queue ni tête, à première vue, j'imagine qu'avec une bonne gesticulation de la cervelle on peut décemment obtenir un discours, avec du sens et de grandes idées.

Hier soir j'ai pas pu. Et des acteurs, à la photo en passant par les dialogues banals et insipides, rien ne m'a interpellé pour chercher à en savoir un peu plus.

Touche pas à la femme blanche


1974
Cinéaste: Marco Ferreri
Comédiens: Marcello Mastroianni - Catherine Deneuve - Ugo Tognazzi - Michel Piccoli - Serge Reggiani - Alain Cuny - Darry Cowl - Monique Chaumette - Michel Galabru (voix de doublage)
Le tournage de la grande bouffe avait été si joyeusement ressenti par la troupe que les gais lurons ont voulu remettre le couvert le plus tôt possible. Ascona et Ferreri se sont alors attelés à écrire un scénario encore plus foldingue. Démesuré avec des personnages complètement hors norme, rien que pour donner libre cours à la profusion et l'enthousiasme de ces comédiens.

Entrent dans l'étrange farandole un grand nombre de personnes.
A la production, on trouve Jean Yanne.
A la synchro, Michel Galabru double Paolo Villagio.
Et le casting fait rêver : outre les Mastroianni, Noiret, Tognazzi et Piccoli du film précédent s'ajoutent, mesdames Mastroianni et Noiret, respectivement Catherine Deneuve et Monique Chaumette, Darry Cowl, Alain Cuny, Franco Fabrizzi et Serge Reggiani.

Le parti pris du film est gonflé, provocateur à la sauce Ferreri, il s'agit de transposer le génocide des indiens d'Amérique dans le quartier des Halles, à Paris, au moment de la destruction du site. Ce qui donne lieu à des scènes hallucinantes et d'une étrangeté, voire d'une douloureuse mélancolie, qui sert un peu la gorge. Le parallèle entre la destruction systématique et raciste des indiens et celle de ce quartier ô combien populaire et vivant est comme à l'habitude avec Ferreri d'un humour grossier et réducteur mais qui me plait, que voulez-vous on ne se refait pas.

Il me faut avouer qu'ayant eu à subir l'outrage si je puis dire du visionnage de La semence de l'homme (quelle phrase, nom d'une pipe!), j'ai eu quelques craintes et mis une bonne dizaine de minutes à "accepter le postulat" surréel du film.
J'ai surtout fortement été invité à "entrer" dans le film par l'arrivée si délicieusement bouffone et désopilante de Marcello Mastroianni qui nous joue un Général Custer aux petits oignons, boursoufflé de suffisance et d'obsessions, celle de la charge de cavalerie ainsi que celle de la pûreté que représente Marie-Hélène de Boismonfrais (Deneuve). Leurs échanges sous une sérénade grossière et sexuelle qu'un chanteur folk ne cesse de roucouler à côté d'eux sont succulents.
Il faut voir aussi Serge Reggiani en pagne et crâne rasé psalmodiant vers les cieux les dieux indiens ou Darry Cowl en empailleur d'indiens finissant par s'embaumer lui même sur le champ de bataille.

Bref une comédie qui ne brille pas par sa finesse mais qui mérite le coup d'oeil tant l'euphorie enfantine des comédiens déborde de bonheur.

El cochecito


alias : La petite voiture
alias : The little coach
1960
Cinéaste: Marco Ferreri
Comédiens: Pedro Porcel - José Luis López Vázquez - María Luisa Ponte - José Isbert
J'aime bien la démarche de Marco Ferreri, cette propension à vouloir bousculer le spectateur, à provoquer chez lui le dégoût pour la réflexion, à l'exposer à ses propres tabous, à lui mettre la tête dans son caca. Si elle peut être considérée comme systématique et perdant ainsi de sa portée, si l'on peut fustiger que son talent soit quelque part confondu avec une certaine puérilité, un enfantillage de chenapan, il n'en demeure pas moins que souvent ce brigand d'italien touche au but.

Pour son troisième film, toujours une production espagnole, Ferreri montre bien, au plus grand dam de Franco qui le censura prestement, combien la société supporte si mal de voir en son sein la décrépitude des vieux et l'existence des handicapés. Toute cette engeance se mélange ici dans une troupe, à la "freaks" qui zone un peu et tue le temps délaissée par le monde qui l'entoure.
Un vieil homme las de sa famille passe sa journée avec un groupe d'handicapés qui circule essentiellement en triporteurs motorisés. Le vieillard supporte mal de vivre aux crochets d'un fils indigne qui refuse de voir un homme chez ce père aux extravagances dérangeantes. Elles suscitent un regard embarrassant de la part de la société et s'y ajoute tout simplement la pingrerie du fils, le cochecito coûtant relativement cher.
Ferreri n'échappe pas à la provoc ici non plus, étirant sa trame jusqu'à l'absurde. Absurde n'est sans doute pas le terme. Mais disons sans spoiler qu'il pousse son raisonnement vers une exagération fondamentalement et formellement réaliste. On est toutefois dans l'extrême.
Quoiqu'il en soit, le film offre à José Isbert un rôle en or. Le vieillard joue tellement bien. Son rôle déchirant prend aux tripes.

Un joli film, dérangeant, couillu (on imagine sans peine que ce portrait peu emballant d'une société non dépourvue d'éclopés et d'exclus a dû bien emmerdé les fascistes espagnols).
Alors sans doute peut-on regretter que le film ne soit pas plus rythmé?

Kabe no naka no himegoto


alias : L'amour derrière les murs
alias : Secrets Behind the Wall
1965
Cinéaste: Kôji Wakamatsu
Comédiens: Yoichi Yasukawa - Mikio Terashima - Kazuko Kano - Hiroko Fujino
Le film que j'ai précédemment vu de Kôji Wakamatsu, Gendai kosyokuden: teroru no kisetsu ("Histoire d'amour contemporaine: la saison de la terreur"), tourné quatre ans plus tard, se situait exactement dans le même cadre, à savoir une sorte de cité dortoir déshumanisée, prison de perpendiculaires et de parallèles qui ne mènent nulle part, de murs et de fenêtres identiques.


Et ce film-là est entièrement consacré à cet enfermement, ce quotidien vide, morne où l'être humain cadenassé entre quatre murs cherche en vain à s'échapper. Wakamatsu nous présente tout à tour différents personnages, différentes cellules, autant de différents secrets, de différentes souffrances.
Le cinéaste ne fait pas dans la dentelle, j'avais déjà pu le constater précédemment. Ce film là est encore plus dérangeant.

On se rend compte très vite et de manière beaucoup plus constante que dans "La saison de la terreur" que le cinéaste affectionne tout particulièrement l'usage des gros plans afin de scruter la moindre onde de plaisir sur un pied, sur des mains qui s'accrochent au drap ou sur les visages extatiques lors des ébâts amoureux.




A noter qu'i est difficile d'accoller le genre érotique à ce film-là tant la nudité n'est pas du tout exploitée. Focalisée sur ces gros plans, les scènes sexuelles prennent une teinte plus dramatique qu'érotique, presque glauque même. Mais intense. Jamais on a le sentiment d'assister à un spectacle jouant sur le désir du spectateur, bien au contraire, tout parait orienté vers le tragique et le malaise. Les situtations des personnages sont si misérables, humainement parlant, ces gens sont si désespérés qu'il est difficile d'aller chercher un quelconque bout d'éros. Les gros plans aussi sont utilisés pour accentuer ces sensations de malaise. La caméra est au plus près pour filmer le regard d'un personnage qui devient fou, une larme qui perle au coin de l'oeil, de menus détails révélateurs de l'émotion intime.

Profitons-en pour louer le travail remarquable d'intensité des comédiens, au premier rang desquels je situerais une actrice dont je ne parviens pas à retrouver le nom, celle qui joue une femme au foyer qui n'en peut plus de vivre dans ce petit appartement. Elle m'a énormément touché.

Elle tombe amoureuse de son amant, éperdument, nourrissant un espoir de sortir de cette cité, de devenir mère. Tous les acteurs jouent des personnages perdus, des rats enfermés dans leurs boites, qui étouffent peu à peu et finissent par perdre complètement pied jusqu'à l'explosion de violence finale.

Un film efficace.

Tempus fugit


2003
Cinéaste: Enric Folch
Comédiens: Neus Asensi - Xavi Mira - Xavier Bertrán - William Miller
Téléfilm de science-fiction barcelonais. Voilà de quoi faire dresser l'oreille et la paupière, non? Alors malgré la forme très télévisuelle et en raison de la qualité de jeu juste moyenne des comédiens, le film se regarde sans passion, sauf à la toute fin (j'ajoue avoir été quelque peu ému par le final sans doute très mièvre cependant).

Le scénario manque de rythme, surtout de crédibilité, en même temps que d'une bonne dose d'humour. Seule note légère, le personnage joué par Xavier Bertrán en socio du Barça.

J'ai voulu voir ce téléilm pour deux raisons qui n'ont pas tenu leur promesse : le voyage temporel (marotte ou fantasme personnel) ainsi que Barcelone, malheureusement peu filmée. Tourné a priori dans le barrio gothico, je n'ai même pas été foutu de reconnaitre la place où se déroule l'essentiel de l'action.

Déception.

Fais-moi plaisir!


2009
Cinéaste: Emmanuel Mouret
Comédiens: Frédérique Bel - Judith Godrèche - Déborah François - Emmanuel Mouret
- Dany Brillant - Jacques Weber
Je ne connaissais Emmanuel Mouret qu'au travers de quelques affiches de films, de quelques avis alléchants postés ici ou là. Une réputation de comédie légère, très particulière, avec d'heureuses et bandantes afffiliations (Keaton, Rohmer, Guitry), voilà de quoi exciter mon envie de découvrir le bonhomme. En constatant qu'il cumulait scénario et réalisation, je fantasmais grave sur cette potentielle nouvelle perle de la comédie française. L'étiquette d'auteur particulier, adoré ou décrié, n'était pas sans décupler mon impatience. "Rhaaa, Santa Maria, un nouveau monde à découvrir!"
C'est donc chargé d'a priori ultra positifis que j'ai assisté au générique très sixties, léger, plein de couleurs, guilleret, charmant, comme un générique de comédies françaises avec De Funès ou Poiret/Serrault. Ce générique constituait une douce promesse.

Et puis le film a commencé, il commençait, il allait commencer en fait, bientôt... bon il commence? Ah? C'est ça, le commencement? Hum... c'est normal qu'il joue faux là? Elle aussi, Frédérique Bel, sa diction est fausse... c'est normal? Et ces phrases que personne ne prononce dans la vie, c'est normal aussi? C'est voulu? Et cet emmerdement qui m'étreint de plus en plus et n'arrête pas de me tripoter le bulbe, c'est normal?
Bon, les gags... du burlesque... ok, oui, hommage ou plagiat? La party, Keaton, ... pfff, mille fois vus. Tempo comique un peu lent. Ca permet de voir venir les gags cinq minutes à l'avance (le mannequin dans les toilettes, la perruque, la braguette et le rideau, Dany Brillant, etc.)
Ici gag = bide. gag+gag = bide+bide. Identités remarquables (gag+bide)² = gag²+2gagbide+bide²
Sans surprise le film déroule son cortège insignifiant de gags et situations déjà vus.

Heureusement, mes hormones me sauvent la mise. Déborah François sur une ou deux scènes chez elle, offre quelques instants de grâce. Quelque chose de difficilement définissable. Une posture. Un regard. Une moue, je ne sais pas. Plus que belle, elle est émouvante.

C'est peu dire que la désillusion sur ce film fait un beau strike. Mais je ne désespère pas. Je pense que tenterai une nouvelle offensive sur cet auteur, une autre fois. Peut-être que je suis tombé sur le mauvais cheval. Peut-être faut-il du temps pour accepter ce style de jeu, cet esprit, ce tempo comique très particulier.

lundi 22 juin 2009

Un mauvais fils


1980
Cinéaste: Claude Sautet
Comédiens: Patrick Dewaere - Brigitte Fossey - Jacques Dufilho - Yves Robert - Claire Maurier - André Julien - David Pontremoli -Raouf Ben Yaghlane - Pierre Maguelon - Jean-Claude Bouillaud - Franck-Olivier Bonnet - Dominique Zardi
Je n'ai pas de souvenir de mauvais film concernant Claude Sautet. Avec ce dernier, le cinéaste m'a encore une fois cueilli. J'ai beau retourner le film dans tous les sens, je ne parviens pas à lui trouver de défaut majeur ; il me parait d'un équilibre et d'une justesse dans l'écriture, le ryrhme et la mise en scène qui ne font qu'accroître la déjà profonde admiration pour ce maître de tendresse et d'humanité. C'est beau. Ce mauvais fils est un bon film, une merveille de cinéma.

Sautet et Biasini en adaptant un roman de Torok s'attachent à filmer un traité sur l'incommunicabilité d'un père et son fils. "Traité", je conçois que le mot est si grossier pour un film aussi délicatement construit, mais il n'empêche... si l'on voulait mettre en image une démonstration sur les peines et douleurs que peut provoquer le manque de communication au sein d'une famille, ce film serait d'une efficacité imparable.
Grâce à son écriture d'abord, le film suit un cours d'une fluidité naturelle qui crée chez le spetateur une attention soutenue et sans douleur. Les scènes et évènements, la progression de chaque personnage, tout s'enchaîne avec cette sorte de grâce que l'on retrouve souvent dans les films de Sautet. Bien sûr, il compte souvent sur les mêmes procédés pour souligner tel ou tel effet (la pluie, le brouhaha des bistrots, la voiture, la musique classique, etc.) mais à chaque fois sa mise en scène parait si simple et efficace que l'on ne peut pas y être insensible. Plaisir renouvellé, définition même de la grâce.
En faisant s'affronter ces deux êtres incapables de mettre des mots sur les maux qu'ils se sont faits ou ceux qu'ils se font encore, c'est une main que leur tend Sautet. Une caresse, un secours.
Ce qui me touche souvent chez Sautet, c'est sa capacité à ne pas enrober son récit d'un pathos aussi théâtral qu'inutile mais également à ne pas laisser suinter l'impression nauséeuse que l'on doit prendre le parti de l'un ou de l'autre. A aucun moment, il ne porte un regard moralisateur sur ses personnages, il se contente de les suivire, de les accompagner. Il les aime. Difficile pour moi de résister à cette démarche d'artiste humaniste sur un objet qu'il a créé et comme par magie qui devient un être vrai, touchant, un être humain. Ca ne manque alors jamais de m'émouvoir. J'aime les cinéastes qui aiment leurs personnages au point de leur donner un poids, une vie, une densité. Phénoménal.

Le cinéma, art du collectif, est tributaire du talent de beaucoup. Notamment des comédiens. Et ici Sautet fait bonne pioche. Patrick Dewaere bénéficie d'une richesse de jeu dont je ne pourrai, je crois, jamais en appréhender toute l'étendue tant le bonhomme cache mal une immense sensibilité. Parfois pourtant dans un éclair, son regard laisse percer une part de vérité, ce n'est pas un regard d'homme mais celui d'un enfant blessé. On reste alors saisi en songeant à tous ces rôiles qu'il a choisi. On peut même se demander si ce n'est pas le contraire... Branlette, me direz-vous? Moui. Probablement. Patrick Dewaere est un comédien si imposant, si impressionnant, dans la cadence de verbe et de geste, dans la force de conviction qu'il met à chaque instant dans une justesse qu'on pense infaillible, que l'on finit par oublier qu'il était acteur et par croire qu'il était réellement ses personnages. Alors forcément, je gamberge un peu. Ce petit enfant qui cherche de l'amour dans le regard de son père, des caresses et des sourires, est incapable de dire "je t'aime, je veux t'accompagner pour être sûr que tu es heureux et que tu m'aimes", cet enfant rencontre un autre amputé de la langue, plus bourru encore, tassé par les ans et surtout l'amertume.

Yves Robert a la bouille de l'emploi, un grand gars massif et rond. Au moment de retrouver son fils, il a l'accolade facile et franche.


Il aime son fils. Mais très vite, le passé, avec ses sentiments et pensées étouffés, non réglés, refait surface progressivement jusqu'à ce qu'un malentendu puis un autre parachèvent la destruction des quelques maigres liens subsistants. Quand les mots sortent, ils sont durs, des armes, ils agressent, ils fusent comme des flècnes et font des dégâts que rien ne semble pouvoir réparer.

Il faut du temps et d'autres aléas de vie, surtout une histoire personnelle enrichissante faite d'affection et d'écoute pour que les fils cassés puissent être à nouveau renoués. C'est pourquoi l'histoire de Duflilho

et Fossey,

en apparence parallèle et secondaire, est finalement d'une importance primordiale permettant de maintenir, de soutenir Dewaere, le mauvais fils, de lui donner la possibilité de comprendre son père. Caresse et soutien encore et toujours.

Un film plein d'humanité, de richesse intime, de chaleur. Un film de Sautet quoi!

Trombi:
Claire Maurier:

Dominique Zardi:

André Julien:

Pierre Maguelon (oui, oui, le Terrasson himself des Brigades du Tigre):

David Pontremoli (mémorable italien dans les bronzés font du ski):

Frank-Olivier Bonnet (que l'on a plus l'habitude de voir dans des petites productions nanaro-franchouillardes):

Raouf Ben Yaghlane:

Jean-Claude Bouillaud:

dimanche 21 juin 2009

Le gendarme se marie


1968
Cinéaste: Jean Girault
Comédiens: Geneviève Grad - Michel Galabru - Claude Gensac - Louis De Funès - Jean Lefebvre - Christian Marin - Guy Grosso - Michel Modo - Mario David - France Rumilly - Nicole Garcia - Jean Ozenne - Dominique Zardi - Rudy Lenoir - Dominique Davray - Yves Barsacq - Yves Vincent
Décidément je serais toujours fâché avec cet élément de la série. Je n'y arrive pas. D'emblée, je suis déçu par la photographie, je ne retrouve pas la netteté et les constrastes des précédents cinémascopes, ni la vivacité des couleurs. Ou bien alors, la copie du dvd est juste pâlichonne? Non, il me semble qu'on a enlevé du grain. J'aime bien le cinémascope pleins de couleurs des annéés précédentes. Celui-là montre une image déjà plus contemporaine, qui sent déjà les années 70. Les deux derniers épisodes sont pires encore. Je ne sais plus s'ils sont en cinémascope, je ne crois pas. Peu m'importe.

Eloignons-nous de la forme pour parler de l'histoire, des situations et des gags, autrement dit l'essentiel. On avait déjà dans le deuxième épisode que ça titillait un brin le gendarme du côté de la zigounette, cette fois c'est sûr les producteurs et scénaristes se décident à gommer un trait immoral, voire anormal pour un homme d'ordre : l'intolérable célibat. A priori, on pourrait penser que le sujet est vaste et fertile en gags en tout genre, or ils ont fini par ajouter beaucoup d'à côtés pour pimenter un récit par trop pépère et endormi. On va chercher l'argument périlleux du criminel (Mario David) après avoir épuisé l'activité estivale du gendarme, à savoir contredanser le touriste sur la route, ainsi que la compétiton hiérarchique Cruchot/Gerber relevant de la pochade estudiantine, fleurant bon du côté nostalgique et anxyogène du banc de l'école.

Oh ici et là quelques dialogues absurdes et savoureux viennent agrémenter la fadeur de l'action (le contrat passé entre Cruchot et Mario David : "Tu prends lequel...",

la discussion entre Fufu et Galabru après l'examen : "Ah la diffusion! Vous dites la diffusion..."). Mais c'est somme toute assez vieillot dans l'ensemble comme humour et cette fois cela n'a pas l'heurt de me satisfaire. Que voulez-vous, tous les goûts sont dans la nature. Va comprendre Charles.


Aussi est-ce plutôt grâce au casting que j'ai pris quelques plaisirs en retrouvant par-ci par-là quelques figures récurrentes du cinéma populaire français avec en premier lieu une actrice sur qui j'ai toujours porté un regard à la fois affectueux mais également empreint d'une certaine admiration qui n'est pas sans lien avec une sorte d'attirance sexuelle. Oui, j'ose ce coming-out. Claude Gensac a longtemps représenté une part d'idéal féminin, avec son style très bourgeois, dégageant une féminité et une classe folle. J'aime encore plus, de manière totalement éhontée, la finesse de sa dentition et la ligne de sa bouche, d'une sensualité incroyable. Elle ressemble sur ce point à un amour de jeunesse. Evidemment ce lien particulier attise en moi des feux irrationnels, qui me lient à ce visage, cette façon de bouger, cette voix, ces sourires, ces moues, ces regards. Hypnotisé par Claude Gensac.




Je n'en dirais pas autant de Genevièce Grad qui en fait des tonnes dans ce film.

J'ai bien plus été heureux de revoir Bernard Lavalette et Dominique Davray par exemple, même si leur apparition relève plus de la figuration ("un, deux, trois et quatre")

Me reste à revoir Le gendarme en balade. Les deux derniers pathétiques épisode releveraient plus du douloureux qu'autre chose.

En bonus des effets spéciaux infernaux de la mort qui tue:


Des boites de nuit tropéziennes:



Trombi:

Jean Lefebvre et Christian Marin:

Guy Grosso et Michel Modo:

France Rumilly:

Yves Barsacq:

Dominique Zardi et Rudy Lenoir

Yves Vincent:

Jean Ozenne:

Oh???? Nicole Garcia!!!

La orca


alias : Snatch
1976
Cinéaste: Eriprando Visconti
Comédiens: Michele Placido - Rena Niehaus - Flavio Bucci - Bruno Corazzari - Livia Cerini
Polar italien âpre et violent, amer et couillu, surfant sur la pratique de l'enlèvement utilisé à des fins politiques ou/et criminelles dans les années 70.
Apre parce que beaucoup de scènes sont avares en dialogue. L'essentiel va à l'action, quasiment melvilien. Couillu parce que certaines scènes érotiques sont assez poussées.


Ce polar rappelle par cette combinaison érotico-policère les distingués confrères japonais de l'époque, tout aussi friands de ce cinéma d'exploitation, proposant néanmoins des personnages et des situations complexes.

La très jolie Rena Niehaus n'a pas un rôle facile à endosser.

Un certain investissement se doit d'être salué mais sa prestation cependant n'a pas soulevé chez moi un enthousiasme débordant.
Par contre le tout jeune Michele Placido, au regard curieusement très brandien,

incarne avec une puissance étonnante un jeune ravisseur qui tombe amoureux de sa captive. Ses acolytes Flavio Bucci et Bruno Corazzari jouent le plus correctement du monde. Pas de reproche à faire aux comédiens qui font du bon boulot. Agréables. Crédibles.

Peu de reproche à faire à la réalisation d'Eriprando Visconti, très concise, certes sans grand relief mais toujours efficace et directe, droit au but.
Un bon petit polar qui lorgne peut-être un peu complaisament sur des scènes de cul dispensables (celle de Flavio Bucci et Livia Cerini est totalement gratuite).

Un truc étonnant, Miguel Bosé figure au générique sur imdb et... je ne l'ai pas vu.. ou reconnu. Dans le même temps, Livia Cerini y est d'évidence mais n'est pas signalée par imdb. Y a des paires de claques qui se perdent. Mystère et boule de shit.

Act of violence


alias : Acte de violence
1948
Cinéaste: Fred Zinnemann
Comédiens: Van Heflin - Robert Ryan - Janet Leigh - Mary Astor
Une fin de film qui merdoie un peu ou se termine en eau de boudin pour être moins directement scatologique, une fin chiffonnante qui ne parvient pas à ternir la très bonne impression que m'a fait ce petit film noir, pas si petit qu'il en a l'air. Petit mais costaud donc. D'abord et surtout par le très joli travail conjugué du réalisateur Fred Zinnemann et de son chef opérateur Robert Surtees, travail qui consiste en de judicieux placements de caméra au service de personnages très efficacement cadrés par Zinnemann
et de somptueux jeux d'ombres et lumière qui rappelleent ceux des plus grands noirs (Sunset Blvrd de Seitz, Les tueurs de Bredell).


Bien souvent le film atteint des sommets d'expression dans les non-dits grâce à cette association cadre/personnage/lumière. D'une intelligence et d'une beauté peu communues, cette mise en image donne vie à des personnages et des situations qui évoquent le sentiment de culpabilité quand il se mêle de peur, la notion de justice quand elle se confond avec la vengeance. Et c'est sur le dénouement très brutal que je porte un regard plutôt perplexe. Ici je spoile, fuyez tant qu'il est encore temps! Rendez-vous après les astérisques.

***
Je doute que le parti pris de "tuer" Van Heflin soit du meilleur goût. Certes, j'entends que la bien-pensance américaine n'a pu l'épargner car il avait trahi. Mais bon sang, à quoi bon chercher et lui trouver des circonstances atténuantes alors? Certes n°2, en sauvant Robert Ryan, il se rachète et trouve dans cette fin tragique une sorte de rédemption sacrificielle. Or le rachat par la sang est une notion qui moralement me gêne pas mal. Alors bien sûr il ne s'agit que d'un jugement moral, tout personnel et qui n'a que très peu à voir avec les qualités icinématographiques du film. J'essaie d'en faire au maximum abstraction, non pas "abstraction", ce n'est pas le terme approprié... "distinction"! On ne peut pas faire abstraction d'un aspect moral que l'on se fait d'un film. C'est comme l'humeur du moment, ça participe du ressenti. Il faut juste bien le stipuler comme tous les éléments subjectifs qui décorent la façon dont on accepte ou pas un film. Donc, ici, je ne ne peux m'empecher de penser que le scénario a bien arrangé les affaires de Robert Ryan qui peut partir bras-dessus bras- dessous avec ca compagne, la conscience tranquille. "Ce n'est pas moi qui l'ai fait", lui dit-il, presque déçu. L'honneur est sauf, il n'est pas un assassin. Pourtant... il est totalement responsable -"responsable mais pas coupable" comme dirait l'autre- de cette mort. C'est son obsession vengeresse qui a poussé Van Heflin vers la mort. Ce petit dysfonctionnement scénaristique -ou moral- m'a un peu laissé sur ma faim.
***

Le casting est assez classe. Van Heflin est un type que j'ai peu vu jusqu'à maintenant et qui par moments m'a fait belle impression, notamment lorsqu'il commence à perdre les pédales.

Robert Ryan n'a pas un rôle vorace en efforts, assez impassible il me semble.

Mary Astor m'a produit un petit choc. Je crois que je ne l'avais jamais vue aussi âgée. Elle est encore bien, mais très amaigrie, fine. Les rides sont là, pas cachées. Elles lui donnent du chien.
J'ai déjà dit comme j'aime les femmes qui assument leur âge? Oui, passons.
Difficile de ne pas être encore une fois épaté par le jeu de Janet Leigh. J'ai longtemps eu l'imbécile conviction qu'elle était juste une très belle femme. Or, il se trouve qu'elle est également une très belle actrice. Le dernier film où je l'ai trouvée remarquablement douée Touch of Evil de Welles montre bien que cette femme était pétrie de talent. Là encore, elle fait montre d'une agilié et d'une diversité dans son jeu qui continuent de me séduire et de me surprendre.

vendredi 19 juin 2009

Welt am Draht


alias : Le monde sur le fil
alias : World on wires
1973
Cinéaste : Rainer Werner Fassbinder
Comédiens: Klaus Löwitsch - Barbara Valentin - Ulli Lommel - Mascha Rabben - Gottfried John - Ulli Lommel - Günter Lamprecht - Eddie Constantine -
J'aimerais tant voir ce téléfilm dans des conditions optimales. Ici, j'ai dégoté une vieille copie granuleuse, floue sur les travellings et les mouvements en général, surtout dont les sous-titres anglais laissent à désirer : certaines phrases n'apparaissent à l'écran que pendant un dixième de seconde. Avec cette histoire à énigme alambiquée, mystère dans une société d'ordinateurs qui créent des univers parallèles vituels, à l'image de Total Recall en quelque sorte, intrigue où des personnages disparaissent ou meurent, ce n'est pas évident de comprendre toutes les subtilités.

Pourtant ce fut par moments un réel plaisir. Fassbinder s'est fait plaisir, c'est une évidence et ce petit cadeau qu'il s'offre en filmant un polar noir, mâtiné de science-fiction, alphavillien, il nous le fait partager. Son enthousiasme est communicatif. Qu'un éditeur, bonne âme, n'a-t-il eu encore l'idée de sortir ça en dvd! C'est incroyable. Ce téléfilm est très riche cinématographiquement. Certes, il n'a pas la richesse et la profondeur de Berlin Alexanderplatz, mais formellement, il est d'un haut niveau de maitrise technique.

Outre les clins d'oeil au genre, que je n'ai pas tous relevé évidemment, mais je pense encore là à l'apparition d'Eddie Constantine,

on a aussi un film quasiment dédié à l'effet miroir. Combien de séquences composées de main de maître avec les jeux de miroir? Ils sont innombrables.


Mais pas uniquement, souvent les personnages sont pris à travers le voile des vitres, des glaces. La vision qui est donnée de cette réalité est corrompue, faussée, du moins troublée.

Pour un film sur les faux-semblants, qui interroge la notion même du réel, cette démarche scénique est pour le moins judicieuse. Quand la réflexion des personnages, la recherche de la vérité (enquête), la définition de la vérité et la perte d'identité sont transposées dans une mise en scène très intelligente, dopée par une innovation constante. Fassbinder épate par la maitrise de ses cadres et le discours de non-dit qu'il parvient à rendre d'une totale lisibilité. Il faut absolument qu'un éditeur nous sorte ce dvd! C'est important. S'il vous plait. Vite.......

Tromi:
Klaus Löwitsch :

Barbara Valentin :

Karl Heinz Vosgerau :

Mascha Rabben:

Günter Lamprecht:

Wolfgang Schenck:

Ulli Lommel:

Gottfried John :

Girls Are for Loving


1973
Cinéaste: Don Schain
Comédiens: Cheri Caffaro - William Grannel - Jocelyne Peters - Timothy Brown

Cet ultime épisode de la série Ginger fait montre de moyens plus importants : explosion de maison, hors-bord, bureaux à Washington avec vue directe sur la Maison Blanche, hydravion, etc. On sent bien que la production a mis plus de moyens financiers. Et j'ai longtemps cru que c'était dû à l'abandon du genre érotique de la série. Pendant une heure, le film lorgne visiblement plus sur les films d'espionnage pleins d'action. Cheri Caffaro joue une James Bond à jupette. Quelques tétons apparaissent bien ici et là subrepticement, mais pas de scènes érotiques développées comme dans les deux précédents opus. Puis le film redécouvre les petites vertus du cul, toujours de manière très dévergondée et surtout vulgaire.

A la fin, je suis heureux... d'en avoir fini avec une série pas loin d'être minable. Seul le premier épisode offre quelques scènes rigolotes, savoureuses de ridicule, puis la série s'enlise dans le comique de répétition, voire se prend trop au sérieux et le manque d'imagination alors se répand, gangrène tout intérêt.

Cheri Caffaro:

jeudi 18 juin 2009

Columbo: Double Shock


alias : Columbo - Double choc
1973
Cinéaste: Robert Butler
Comédiens: Peter Falk - Martin Landau - Dabney Coleman - Jeanette Nolan - Tim O'Connor - Julie Newmar - Paul Stewart
Il y a dans ce téléfilm de quoi prendre son petit pied et pourtant je ne peux m'empêcher de peu le goûter. C'est plus fort que moi, cette histoire de jumeaux ne me convient pas. Il y a quelque chose qui cloche et je crois savoir quoi : le procédé de mise en scène qui consiste à présenter Martin Landau sur deux plans différents pour suggérer la gémellité. Si mes souvenirs sont bons, on a droit qu'à un seul plan où les frères jumeaux apparaissent "côte à côte". Alors je me demande si avec les nouvelles technologies d'aujourd'hui, le téléfilm aurait meilleure mine. c'est bien possible. Ou alors le fait de connaitre Martin Landau et par conséquent l'espèce de supercherie technique que la mise en scène veut nous faire avaler et qui engendre une sorte de gêne. Il est vrai que la plupart du temps les deux frères qui se haïssent s'évitent. Mais peu importe, j'ai eu du mal à entrer complètement dans cette intrigue.

J'étais bien plus attiré par le comique de situation dans lequel nous embarque un Columbo maladroit face à Jeanette Nolan, gouvernante aussi maniaque qu'autoritaire. Encore qu'à la longue, certains pourront s'en lasser parce que ce comique est très répétitif. D'autres, comme moi, se seront bien amusés à voir Peter Falk improviser dans la scène de l'émission télé culinaire.
Et puis l'énigme est intéressante. Surtout la manière dont s'y prend le lieutenant pour faire évoluer son enquête est imparable. Je trouve par exemple que l'on a bien écrit et filmé la lente maturation logique qui amène le policier à découvrir que l'accident est en fait un assassinat. A bien y réfléchir, je crains que ce ne soit le casting qui me chiffonne. Landau en jumeux, je n'y crois pas, je l'ai déjçà dit. Jeanette Nolan est rigolote mais finit un peu par lasser. Julie Newmar, la catwoman de la fin des années 60, est ici assez mauvaise je trouve ou alors son personnage a été mis en scène de manière un peu trop grossière? Peu importe son jeu est lourd.

Encore une tête qu'on a vu mille fois dans les séries télévisées américaines : Tim O'Connor, intéressant.

J'aime bien l'autre vieux de cet épisode, Paul Stewart, que l'on voit trop rapidement (il joue la victime).

A noter quelques apparitions du futur patron de Tootsie, Dabney Coleman, trop rare à l'écran à mon goût.

Au final, un Columbo pas épatant, plutôt agréable, correct. Une saison 2 qui ne se termine pas en beauté en somme.

mardi 16 juin 2009

Scarecrow


alias : L'épouvantail
1973
Cinéaste: Jerry Schatzberg
Comédiens: Gene Hackman - Al Pacino - Richard Lynch - Eileen Brennan

Le premier plan du film est un plan fixe somptueux. D'entrée, Vilmos Zsigmond annonce la couleur, la sienne, sa patte, "je suis là et bien là". Les extérieurs vont être sublimés par le cinémascope. Il y aura alors un contraste saisissant entre la beauté sauvage des paysages naturels et la crudité réaliste des intérieurs. L'école ultra réaliste américaine rue dans les brancards : Hackman parle la bouche pleine, on comprend à peine ses mots, il éructe, il pisse sur le bas-côté de la route. On est loin des road-movies proprets des années 50. Le code Hays, on s'asseoit dessus depuis quelques temps, les personnages débitent du fuck à qui mieux mieux. La ceinture est débouclée, on est en 1973, en cela L'épouvantail appartient parfaitement à son époque.


Il est servi par des comédiens de qualité très supérieure au tout venant. Hackman et Pacino éclaboussent l'écran de leur talent. Leur couple m'a fait penser à celui de Milton et Small de Steinbeck. Les quelques seconds rôles qui trainent essaient d'exister comme Ann Wedgeworth en vieille chatte en rut, qui s'attache facilement, en manque d'affection, pas mal.

Du point de vue scénaristique, on pourrait trouver ici ou là quelques reproches à faire à une histoire qui prend des détours étonnants, un peu raccourcis, pour ne pas dire un peu grossiers et peu crédibles, sortant du réalisme jusque là affiché (la bouderie en prison, la haine sordide de l'ex., le coup de folie de Pacino, etc.)

En somme, L'épouvantail est un film intéressant à plus d'un titre, pour son traitement ancré dans son époque et des comédiens jeunes mais déjà très habiles.

samedi 13 juin 2009

Signore & signori


alias : Belles dames, vilains messieurs
alias : Ces messieurs dames
1966
Cinéaste: Pietro Germi
Comédiens: Virna Lisi - Franco Fabrizi - Nora Ricci - Olga Villi - Gastone Moschin - Alberto Lionello - Beba Loncar - Gigi Ballista- Moira Orfei - Quinto Parmeggiani - Patrizia Valturri

Signore e signiori est un film italien délicieusement écrit, multifacette, une vraie comédie italienne dans la lignée des Monstres, entre rires et larmes. Découpé en trois parties, il a toutes les allures d'un film à scketchs, mais trompe son spectateur car les mêmes personnages sont au centre des ces trois différentes histoires. En faisant simple, je dirais qu'il s'agit de la vie tragi-comique d'un groupe d'amis... de connaissances plus ou moins intimes dans un gros bourg italien (le tournage a eu lieu à Trévise). Il y est question de coucheries, de jalousies, d'idylles, d'amour, d'adultère, de prostitution, de religion et de corruption, bref un grand méli-mélo d'engagements et forfaitures en tout genre mais très humains.

La première histoire se tourne de manière résolue et appliquée vers le comique adultérin et léger mais néanmoins s'avère être un petit bijou d'écriture et de mise en scène. Le scénario présente cette foule de personnages et leurs interactions avec un brio réjouissant. Ils sont vraiment nombreux, il y aurait de quoi s'y perdre. La caméra de Germi reste toujours très proche de ses personnages qui s'agitent devant elle. La direction est sans génie mais cependant d'une efficacité et d'une élégance en tout point remarquables. Très belle fluidité. Malgré l'hystérie de certains personnages, jamais l'action ne faiblit grâce à un montage au diapason des dialogues savoureux. Quand on sait que Furio Scarpelli est aux manettes, on comprend mieux la qualité et la maitrise comique noire du récit.

Le deuxième scketch est longtemps en trompe l'oeil une comédie romantique pour finir en une course perdue et ô combien cruelle. Cette histoire tout comme la troisième d'ailleurs, sont beaucoup plus satiriques que la première. Les scénaristes s'attaquent aux aspects cloisonnés -mortifères même- de la société italienne d'alors, les carcans conjugaux, religieux, financiers et moraux qui sont montrés du doigt avec force corrosion. Gastone Moschin

et Virna Lisi,

les deux principaux personnages sont deux amoureux, en proie à l'implacable pression sociale. Moschin ne porte pas la culotte dans son ménage, c'est le moins qu'on puisse dire, sa femme, Nora Ricci,

le traite comme un chien. Il ne doit le salut de son esprit qu'à une paire de boules Quiès qui l'isole du flot continu de sarcasmes, reproches et insultes que son épouse déverse sur lui. Ce petit homme va se découvrir des ailes en tombant amoureux d'une petite buraliste, Virna Lisi. Leurs amours adultérines, personne ne les accepte, ni l'épouse, ni leurs patrons, ni les copains, ni la la mère, ni la logeuse, encore moins l'Eglise et la police. C'est donc à cette pression puritaine que l'on doit un final bien amer.

Le troisième et dernier scketch, d'un cynisme consommé, est peut-être encore plus tragique. La causticité du scénario reste drôle. Il rappelle en cela le tordant "Les monstres" ou bien encore "Affreux sales et méchants". Tous les hommes du village se repassent une jeune fille, qui se prostitue gentillement, naturellement, en non-officielle, pour une paire de chaussures ici, une robe par là ou quelques billets.Jusqu'au jour où son père s'en aperçoit et pousse sa fille à porter plainte ; la belle n'a que 16 ans. Là encore, toute la société se met en branle pour échapper au scandale : pression sur le journaliste du canard local L'indépendance, le bien nommé -les scènes des différents coups de fil au journaliste sont irrésistibles- et corruption du père qui nous vaut une rencontre sexplosive entre lui et l'une des épouses, la notable cul-serré catholique Olga Villi, scène encore plus mémorable.

Dans une sorte d'épilogue, toute ce petit monde se retrouve sur la place principale du bourg, les visages souriants mais les regards se croisent laissant apparaitre d'autres relations non dévoilées, d'autres désirs étouffés mais prêts à éclore, d'autres secrets intimes, suggérant que le retour à l'ordre final n'est que façade, un artifice d'une hypocrisie sans borne. Infiniment cruel.

En tout cas, ce film est une belle et heureuse surprise, un film que je reverrai avec grand plaisir. La plastique du casting féminin vaut à lui seul le coup d'oeil. Parmi elles, Virna Lisi ajoute à son très joli minois, un tout aussi magnifique jeu de comédienne. Elle m'a cueilli, délicieusement, quand le curé vient la prendre en voiture à la sortie du commissariat, elle a un regard perdu, d'un trouble aussi profond que bluffant. Que d'émotion!

Olga Villi, je l'ai déjà écrit plus haut a une scène formidable.

Le combat à distance que se livrent la superbe Gia Sandri


et la sophistiquée Moira Orfei



-vous la verriez aujourd'hui... elle est tellement refaite et trafiquée qu'elle ne ressemble plus à un être humain- est un duel haletant de buonissimes italiennes. Quant à la blonde Bebe Loncar... hmmm....


La petite Valturri porte bien son nom.


C'est un festival mamma mia.
Chez les hommes, Gastone Moschin est pour moi une découverte sensationnelle. Je retiens la trogne comique de Lionello

et celle que j'appréciais déjà de Parmeggiano.

Gigi Ballista:

Franco Fabrizzi:

vendredi 12 juin 2009

Miyamoto Musashi kanketsuhen: kettô Ganryûjima


alias : La voie de la lumière
alias : Samurai III: Duel on Ganryu Island
1956
Cinéaste: Hiroshi Inagaki
Comédiens: Kaoru Yachigusa - Mariko Okada - Toshirô Mifune - Koji Tsuruta
Sur ce troisième et dernier volet de la saga Musashi, Inagaki laisse un peu l'argument romantique prendre le dessus à mon goût. Ces scènes sont chiantes. Il n'y a guère qu'un joli plan entre Koji Tsuruta et Michiko Saga qui me plait beaucoup, une sorte de caresse, un peu statique, un baiser de lignes, un petit chef d'oeuvre de composition des lignes et les teintes.

Sinon la relation de Musashi, on la connaissait déjà très bien et la redite m'a lassé ici.
Les scènes d'action sont moins importantes, moins grandioses. Je mets le combat final à part, car à lui seul, ce magnifique duel rend le visionnage de ce film marquant.Filmé sur les premières lueurs du jour, dans un travelling à l'horizontalité intense, réglé sur les lignes et la musique des vagues, c'est un moment magique, d'une tension et d'une beauté rares.

Il y a encore et toujours une grande attention d'Inagaki à parer ses scènes extérieures ou en studio de couleurs et de brumes plus ou moins naturelles. Sa réalisation reste très proche de l'art pictural. Certains plans sont époustouflants. Même si certains pourraient y voir un rococo pédant, j'avoue être ici réceptif.

Je ne me souviens plus de la musique sur les deux précédents épisodes mais ici certains passages récurrents m'ont fortement fait penser au style de musique des westerns hollywoodiens (et plus précisément au OK Corral de Dimitri Tiomkin chanté par Frankie Laine). Certains évoquent alors la notion d'hallucination auditive... mouais pourquoi pas?

La très jolie mais très empruntée Kaoru Yachigusa :

Mariko Okada :

Sudojo Lucia: kegasu


alias : Sins of Sister Lucia
1978
Cinéaste: Koyu Ohara
Comédiens: Rumi Tama - Yuki Nohira
Nouveau cinéaste de pinku eiga que je découvre. Quelques idées ici et là viennent pimenter un visionnage un brin ennuyeux en raison d'un scénario trop répétitif et simpliste. La portée du film m'échappe tant elle parait minimaliste : l'hypocrisie et la frustration sexuelle de la pratique religieuse catholique.

Sinon cette production Nikkatsu déballe ses articles érotiques : viol, voyeurisme, lesbianisme, sm, triolisme, etc. un peu à la manière d'un catalogue, sans réelle conviction, à coups de massues stéréotypéées. Evidemment la pécheresse passe son temps à croquer des pommes en assistant au spectacle de sa vengeance.

Heureusement le cinéaste signe quelques jolis plans où un regard furtif et déchiré vole les secrets que l'habit religieux s'ingénie à camoufler.

Il instille quelques séquences comiques, jouant sur les canons de mise en scène horrifique avec la scène de douche

ou bien sur un humour disons gastronomique avec la coupe entre une scène de cunnilingus qui est suivie sans transition avec un gros plan sur une vorace boustifaille.

Ces quelques scènes sauvent le film un peu trop enfermé dans divers carcans de prioduction et d'imagerie religieuses archaïques.

jeudi 11 juin 2009

Land of the Pharaohs


alias : La Terre des Pharaons
1955
Cinéaste: Howard Hawks
Comédiens: Alex Minotis - Dewey Martin - Joan Collins - Jack Hawkins - James Robertson Justice
Je ne sais plus où ni quand j'ai vu ce film pour la première fois. Il y a loin. C'était au temps où "La dernière séance" présentait ses premières parties de soirée en version française. Le plaisir que j'ai eu à le revoir est pour partie dans ce voyage vers le passé et ses voix qui n'existent plus. En entendant Jack Hawkins parler avec la voix de John Wayne, je n'ai pas résisté à laisser le film en vf. C'est peu dire que le lien avec ma cinéphilie enfantine joue encore un rôle considérable dans le plaisir qui est aujourd'hui le mien. Mais il ne s'agit pas uniquement de voix françaises venues du fin fond de mon enfance. Nenni, que des nenni partout, évidemment!


Avec Howard Hawks aux commandes, il est quand même peu probable que le film devienne un objet infâme, vous en conviendrez. La réalisation doit beaucoup d'autre part à la direction artisitque d'Alexandre Trauner et aux moyens mis à la disposition de l'équipe. Certaines séquences sont encore aujourd'hui très impressionnantes, en nombre de figurants, en moyens techniques afin de reconstituer une Egypte antique crédible et puis tout simplement belles, d'une joliesse plus exotique qu'érotique (encore que d'aucuns apprécieront l'entrée en matière de la relation entre Hawkins et Collins : il lui inflige une séance de fouet pendant qu'il se met dans le pif les phéromones de la belle).


D'avoir tourné en Egypte a certainement participé justement de cette forme de réalisme historique. Le cinémascope prend toute la mesure de la démesure pharaonique d'Hollywood sur Nil. Dommage que la copie du dvd soit un peu médiocre, les couleurs semblant délavées.

Les acteurs sont un peu statiques malheureusement et leurs jeux tout juste corrects. Le film souffre un peu du manque de talent de son casting.
Reste un grand spectacle, au didactisme vieillot mais toujours agréable et lisible, efficace. Entre grandeur passée

et exotisme à plumes.

Joan Collins jeune et déjà perfide.

James Robertson Justice

Chiedo asilo


alias : Pipicacadodo
1979
Cinéaste: Marco Ferreri
Comédiens: Roberto Benigni - Francesca De Sapio - Dominique Laffin - Luca Levi
Un film de Ferreri optimiste c'est assez rare pour le signaler. Peut-être que l'attente plus ou moins consciente chez moi d'une noirceur profonde a un peu entamé mon adhésion à cette histoire. Il me fallut attendre l'infinie beauté de la fin pour que le film trouvât quelque grâce à mes yeux.

Jusque là, j'ai apprécié l'interprêtation d'un Roberto Benigni débutant et simple, même s'il ne peut s'empêcher de piailler.

Celle de Dominique Laffin est précieuse : elle donne une touche de mystère dans le tableau relativement réaliste du film.

Toute la partie pédagogique m'a plutôt ennuyé. Je sais bien que la crédibilité n'est pas l'objectif n°1 de Gérard Brach, Roberto Benigni et Marco Ferreri au scénario. Je ne fustige en aucun cas le parti pris provocateur du récit, loin de là, c'est d'habitude l'une des caractéristiques du cinéma de Ferreri qui m'émoustille le plus, non, c'est seulement qu'ici, cette histoire-là ne m'a pas paru d'une originialité bouleversante. Explication de mon désintérêt un peu hâtive. Je ne sais pas bien pourquoi je me suis longtemps emmerdé à dire vrai. Ca se voit?

Les interrogations sur la paternité, sur les relations aux enfants, la dynamique affective du couple, la profonde humanité des personnages et les notions de partage qui se distinguent peut-être un peu plus des autres thématiques sont intéressantes a priori, mais ne m'ont pas excité le bulbe. Pourquoi? Je n'en sais rien. J'avais vu ce film tout jeunot, vers 10-11 ans et je m'étais déjà profondement ennuyé. Je pensais que le rythme du film très lent serait aujourd'hui parfaitement apprécié. Hé bien, manquate.

Toujours l'ancrage dans un désert déshumanisé, la modernité est un terrain vague, avec en toile de fond la froideur des immeubles mornes de la ville


Une relation de survie émouvante. Qui sauve qui?

Columbo: the most dangerous match


alias : Columbo - Match dangereux
1973
Cinéaste: Edward M. Abroms
Comédiens: Peter Falk - Laurence Harvey - Jack Kruschen - Lloyd Bochner
Un bon petit cru mais comme A stitch in a crime dont le dénouement n'est pas à la hauteur, il se termine sur une légère déception, une perte de percussion. Si l'on prend la peine de réfléchir deux secondes à la résolution de l'énigme, il ne s'agit pas de preuve à proprement parler que révèle l'intelligence de Columbo mais une très forte présomption. Le cas n'est pas totalement résolu finalement.

Malgré ce petit bémol, l'épisode est de haute tenue. D'abord le meurtrier affiche une assurance et une vanité qui relèvent d'autant plus le challenge de le prendre en défaut. Et puis, j'avoue avoir apprécié l'immersion dans le millieu des échecs, même si évidemment, les personnages sont caricaturaux. Voilà une autre des ces données qui ont participé au succès de ces téléfilms, les différents environnements dans lesquels Columbo va enquêter. Sans doute que le spectateur se plait à voyager ainsi accompagné du même personnage, dans un même canevas scénaratique, dans des endroits chaque fois différents (quoique toujours huppés : à quand Columbo dans une usine à crack entre putes et junkies?). Ce sont là des voyages livrés avec certaines garanties de qualité. Beaucoup de gens éprouvent une réticence à prendre des risques. Aussi trouvent-ils très agréables de retrouver un confort dans la récurrence d'un personnage et d'une trame.
Or donc, ici, l'affrontement du meurtrier et de sa victime est plutôt bien foutu, bien que foncièrement stéréotypé, j'en conviens. Sans doute qu'il faut voir dans cette indulgence le fruit d'un joli travail d'écriture (l'intrigue est bien ficelée) et de mise en scène avec de bons comédiens. Jaime bien ce Laurence Harvey qui ne m'avait pas marqué jusque là. Je pourrais dire exactement la même chose pour sa victime Jack Kruschen.

Il n'y a guère que Lloyd Bochner finalement, un visage que vous ne pouvez pas ne pas avoir vu au moins une fois dans votre vie, c'est bien simple il a joué dans toutes les séries américaines des années 70. Vérifiez sa filmographie sur Imdb c'est tout simplement hallucinant. Toutes, qu'j'vous dis! Toutes! On comprend aisément son attachement au seul média télévisé, en le voyant ici : il joue comme une speakrine. Risible.

Malgré tous ces petits défauts, un bon petit téléfilm, qui finit mal et débute... mal, les effets spéciaux pour illustrer le cauchemar est d'une pauvreté technique affligeante.

dimanche 7 juin 2009

La città delle donne


alias : La cité des femmes
alias : City of Women
1980
Cinéaste: Federico Fellini
Comédiens: Marcello Mastroianni - Anna Prucnal - Bernice Stegers - Donatella Damiani
- Ettore Manni
En découvrant que le film prenait des allures oniriques d'un Marcello aux pays des merveiles, mes craintes se sont progressivement mues en amère certitude : je n'aime pas ce film. Ne pas aimer un Fellini est une expérience toute nouvelle pour moi et assez désagréable. Tristesse. Un Fellini devrait toujours être ressenti comme une fête de tous les sens.

Il y a une profonde mélancolie qui transparait dans celui-là, comme une lassitude de vie, quelque chose de diffus au départ et qui s'accentue par moments, comme en réaction des instants plus vifs et souriants. Fellini n'a plus le droit d'être heureux dans sa cité des femmes? Rêve? Non plutôt cauchemar!

En tout cas, je sens bien qu'il y aurait beaucoup à dire, beaucoup à éprouver, mais nan, je n'y arrive pas. Jamais je ne suis parvenu à grimper sur le marche-pied de ce train. Il y aurait beaucoup à dire sur le féminisme, l'aspect autobiographique de ce long souvenir, l'enfance de Fellini, ses objets de sensualité d'une adolescence cinéphile quand l'écran fait le professeur de petite vertu, sur les rapports de couple également, la lassitude et le désir, la frustration, etc. Mais malheureusement le film ne m'en suscite aucune envie.

Même Mastroianni ne m'a pas séduit comme à l'accoûtumée. Pourtant j'ai l'impression que Fellini l'a particulièrement dessiné. J'utilise le mot "dessiné" littéralement, sans doute influencé par mes lectures bédés. Je songe ici au Mastroianni de Manara ou de Pratt que j'ai vu quelque part ou que j'ai imaginé. Cette impression de maquillage, de teinture, quelque chose d'apprêté, d'artificiel, ce qui n'a rien de choquant pour un film onirique ceci dit en passant. Cette stylisation de Mastroianni comme le cadrage très fellinien, pictural, fait de lignes, arètes des murs, escaliers tourbillonnants, néons de fête foraine, montagnes russes illuminées, toute cette armada de lignes et courbes auraient dû me toucher, me séduire, c'est là généralement esthétique excitante. Que nenni pourtant. Chié! Tant pis. Une autre fois peut-être?


Ettore Manni, excellentissimo!

Donatella à gauche, mammaire mia!

Jole Silvani irrésistible?

Columbo: A Stitch in Crime


alias : Columbo - Le spécialiste
1973
Cinéaste: Hy Averback
Comédiens: Peter Falk - Leonard Nimoy - Anne Francis - Will Geer
Le lieutenant Columbo se promène ici dans les couloirs d'un hôpital, enquêtant sur le meurtre d'une infirmière, laquelle soupçonnait à juste titre un chirurgien d'avoir préparer la mort prochaine de son supérieur en utilisant du fil de suture dégradable lors d'une intervention chirugicale au coeur. Cette immersion ne se fait pas sans soucis pour le lieutenant sujet à quelques troubles phobiques à l'égard de ce milieu morbide, ce qui nous vaut quelques scènes comiques qui permettent une fois de plus de mettre Columbo dans une position affaiblie, ridicule, qu'il affectionne néanmoins à l'heure de porter l'estocade sur son adversaire. Cet effet de surprise est relevé dans cet épisode par une belle opposition que lui propose Leonard Nimoy avec un personnage extrêmement froid et cynique, à la fois sûr et maître de sa personne mais obligé de colmater les brêches de ses meurtres mal négociés, faisant de lui un des meurtiers les plus actifs en terme de quantité de victimes et il faut le dire des plus maladroits en terme de qualité.

Cet épisode peut se prévaloir d'un casting de haute qualité avec en première ligne un Leonard Nimoy échappé de son Star Trek natal, à la figure aussi froide que tourmentée, cependant sans étincelle particulière. Bordel, j'aurais bien senti un Christopher Lee sur ce rôle!
C'est toujours un plaisr de retrouver Anne Francis, la naïve naïade de Forbidden planet, qui n'en est pas à sa première apparition dans la franchise Columbo, elle donnait déjà la réplique à Roddy McDowall dans Columbo : Short Fuse.

Et puis en special guest star, en vieux chirurgien serein, Will Geer, que je ne connaissais pas ou dont la tête ne m'avait pas marqué et qui j'avoue m'a bien plu, faisant preuve d'assurance et de naturel.

On remarquera également dans la bande musicale des percussions qui font immanquablement penser à celles que Goldsmith a planté dans La planète des singes. Et je ne sais plus pour quel Columbo mais j'avais déjà remarqué cette familarité. A vrai dire, en y réfléchissant un petit peu, je me demande si cette filiation ne concerne pas plus d'un épisode de Columbo ni même plus d'une série télé américaine des années 70. Quoiqu'il en soit, c'est le genre d'accompagnement musical de l'action qui me plait bien, correspondant à toute une époque. Appréciation toute personnelle et emprunte de nostalgie.

Par contre, j'aurais moins d'enthousiasme à évoquer le dénouement, donnée pourtant primordiale pour apprécier un bon Columbo. La manière dont Columbo prouve la culpabilité du meurtrier est bien souvent la cerise sur le gateau. Ici, le tour de passe-passe parait un peu tiré par les cheveux, plutôt décevant et sans classe. Je préfère m'arrêter sur le bel acharnement de Columbo, son esprit offensif prenant peu à peu le dessus sur ses malaises et offrant à son adversaire une très belle et violente confrontation.

Gunfight at the O.K. Corral


alias : Règlement de comptes à O.K. Corral
1957
Cinéaste: John Sturges
Comédiens: Kirk Douglas - Burt Lancaster - Rhonda Fleming - Jo Van Fleet - John Ireland - Dennis Hopper - Jack Elam - DeForest Kelley - Lee Van Cleef
Un peu déçu par Sturges. Je m'attendais à une mise en scène moins ampoulée et mélodramatique. Le mélo, ce n'est pas sale, loin de là, mais ici dans ce western, avec cette histoire apre, ça ne fonctionne pas. La déchéance du couple Douglas/Van Fleet est trop décrite à mon goût. Elle est nécessaire, certes, pour montrer le lent suicide de Doc Holliday. Et puis surtout on est plus habitué chez John Sturges à suivre un récit équilibré, tout entier orienté vers l'action. S'apesantir ainsi sur des pans contemplatifs de l'intrigue ne ressemble pas au cinéma de Sturges. Sans doute est-il victime de l'héritage fordien qui avait amplement et justement réussi à garder ce délicat équilibre entre mélodrame et action dans My darling Clementine. Dommage.

Reste une bande originale plaisante qui reste gravée grace à sa simplicité. Mais c'est surtout un duo de comédiens gigantesques qui font la force du film. Si Burt Lancaster n'a finalement quye peu à offrir dans le jeu (mais le peu qu'il a marque les esprits),

Kirk Douglas avec son ange déchu, artiste maudit de la gâchette et du carré d'as, à la noire destinée toute tracée, profite d'un rôle saillant et fertile en scènes violentes, avec du jus de viande. Goûtu.

Et pour finir, ce qui aujourd'hui un peu sourire, c'est la relation pour le moins affectueuse que nouent Lancaster et Douglas, une sorte de Brokeback Mountain avant l'heure. Les scènes de jalousie de leur donzelles respectives sont édifiantes, laissent peu de doutes sur ce point. Ah si! C'est évident, mais si, voyons!



Petit trombi:
La remarquablement belle et rousse Rhonda Fleming

La torturée et amoureuse Jo Van Fleet, que de vans dans ce film, ébouriffant!

Le jeune et fringant Dennis Hopper, excellent!

Enième court rôle de Lee Van Cleef, avec sa tête à manger des pruneaux, il ne fait pas un pli

mercredi 3 juin 2009

Bez konca


alias : No End
alias : Sans fin
1985
Cinéaste: Krzysztof Kieslowski
Comédiens: Jerzy Radziwilowicz - Grazyna Szapolowska - Aleksander Bardini - Artur Barcis - Maria Pakulnis - Michal Bajor - Danny Webb
Mon premier Krzysztof Kieslowski. Manque de bol, globalement, je ne comprends pas ce film. C'est con. Pas grave mais con. Mouais.

A priori le film explore le deuil difficile d'une veuve. Elle se découvre un amour absolu pour son mari défunt. Son époux était avocat spécialisé dans les affaires politiques. Au moment de son décès, il était sur le point de défendre un gréviste. Cette histoire judiciaire et politique perdure ; il y est question de l'héritage de l'affaire par un vieil avocat, celui-là même qui avait formé le défunt. Le film mêle ces deux histoires avec un équilibre perturbant.

Premier point que je ne comprends pas : je ne saisis pas l'intérêt de cette histoire politique. Quel est le lien avec le deuil? Frêle. Connaissant mal l'histoire de la Pologne des années 80 et les dernières gesticulations du régime communiste avant la dissolution des deux blocs, je peux concevoir qu'il me manque quelques éléments pour bien comprendre. Même quelques temps après visionnage, je ne comprends pas toujours pas le fait que Kieslowski insiste autant sur cette affaire.

Autre sujet d'incompréhension, le dénouement. Il est conseillé de passer son chemin ici, je vais raconter la fin du film, là, maintenant. Si, barrez-vous! Allez, bye bye, bisous. Je ne comprends pas le personnage, son suicide est pour moi un mystère scénaristique. Certes, elle se découvre un amour considérable, mais elle aime toujours leur gamin, elle est inquiète pour lui, s'en préoccupe, elle ne rejette en rien ce lien filial, comment peut-elle se suicider en abandonnant son fils? Tout ça pour un amour mort? Ca n'a pas de sens. Ca me parait très difficile à avaler cette histoire.

Un grand coup de chapeau aux comédiens. Elle d'abord, Grazyna Szapolowska, très belle et intense actrice,

mais jusqu'aux petits rôles secondaires, d'une justesse et d'une précision incroyables. Je pense là au gréviste Artur Barcis

ou bien le jeune avocat Michal Bajor.

Impressionnants. Je suis stupéfié par la qualité de leur prestation. Il n'y a guère que le vieil avocat Aleksander Bardini qui joue un personnage très... trop pittoresque, une pâle copie du roublard Charles Laughton dans Témoin à charge. Trop d'effets de manche.

mardi 2 juin 2009

The abductors


1972
Cinéaste: Don Schain
Comédiens: Cheri Caffaro - William Grannel - Honey Well - Ined Som - Laurie Rose
La premier volet de la série Ginger avait au moins le précieux avantage de contenir quelques scènes savoureuses et bénéficiait de ce dont profitent tous les premiers opus : une sorte de candeur juvénile. De petites saillies rigolotes en l'occurrence. Or, ici avec ce deuxième épisode on se contente de redites. L'essentiel est très faible. Je me suis ennuyé à mourir devant cette plate copie.

Cheri Caffaro joue toujours le même rôle. Oh... soyons honnête, elle ajoute à sa brouillone panoplie celle du chagrin d'amour, seule innovation marquante. A la limite, je me demande si Laurie Rose ne lui vole pas la vedette, en jouant à peu près convenablement.

On ne peut pas à proprement parler évoquer une déception, tant les espérances étaient menues. Mais ma déesse, que cela va être dur de clore cette trilogie. Espérons la surprise.

5 Fingers


alias : L'affaire Cicéron
alias : Five Fingers
1952
Cinéaste: Joseph L. Mankiewicz
Comédiens:James Mason - Michael Rennie - Danielle Darrieux - John Wengraf
Un film d'espionnage très bien filmé par Mankiewicz -scusez le pléonasme. On sait aussi que Mankiewicz n'est pas qu'un joli faiseur, mais avec un scénario pûrement divertissant, cet aspect professionnel est mis en évidence. L'histoire et les personnages présentés ici ne permettent pas les explorations psychologiques et morales d'All about Eve ou de A letter of three wives, aussi est-ce l'écriture scénaristique et la réalisation du film qui portent toute l'attention. Me semble-t-il.

Or, force est de constater que le cinéaste fait encore une fois preuve d'une belle rigueur dans la construction. Sans extravagance, assez sèche, la réalisation est avant tout orientée vers l'efficacité. Le genre l'exige-t-il? Peut-être un peu. Mais c'est bien plus le milieu dans lequel les personnages évoluent qui nécessite une approche aussi sobre, directe.

Pour consolider les passages de crise et de suspense nés de cette histoire de documents militaires cruciaux volés par le valet de l'ambassadeur britannique à Ankara, Mankiewicz s'adjoint les services du compositeur Bernard Hermann dont la musique nerveuse et tendue (combien de fois merveilleusement utilisée par Hitchcock) se marie plutôt bien à ce type d'intrigue.

On reconnait aussi à Mankiewicz une capacité à susciter chez ses comédiens le meilleur d'eux-même. Cette affaire Cicéron confirme cette qualité primordiale selon moi.
James Mason est parfait pour un rôle il est vrai assez monolithique, en apparence du moins car le tumulte de son arrivisme se laisse deviner sur deux ou trois plans d'une brêve mais intense puissance. Mason, en Merlin, réussit dans ces secondes là à sortir des étincelles de singularité.

Que ce soit Danielle Darrieux (en comtesse franco-polonaise)

ou John Wengraf (en aristocrate allemand)

ou bien encore Michael Rennie (en agent britannique, ici à droite),

les comédiens servent plus que correctement l'intrigue.

lundi 1 juin 2009

Diamonds Are Forever


alias : Les diamants sont éternels
1971
Cinéaste : Guy Hamilton
Comédiens: Desmond Llewelyn - Bernard Lee - Sean Connery - Jill St. John - Charles Gray - Lana Wood - Jimmy Dean - Bruce Cabot - Putter Smith - Bruce Glover - Lois Maxwell
Quelle drôle de sensation. Jusqu'à cette revoyure, ce James Bond était l'un de mes -si ce n'est "mon"- préférés. Je le sirotais volontiers comme un bonbon doux, sucré, festif, plein de saveurs colorées, un joyeux mélange entre rigueur et virilité connerienne et humour gadgétoïde moorien, une sorte d'adieu en beauté pour le grand échalas d'Ecosse et ouverture à la nouvelle génération.
Or, il se trouve que j'ai été déçu, le trouvant même plat par moments. L'ai-je trop reluqué, ce film? Cette histoire me parait plus invraisemblable. Bordel, depuis quand un James Bond doit être vraisemblable? Qu'est-ce qui m'arrive? Est-ce la médiocrité de la copie qui m'a accroché l'oeil et restreint le plaisir tout con de l'enfant? Probable.

Ce crû est pourtant doté d'éléments plein de grâce : d'une part une Shirley Bassey qui entonne un entrainant Diamonds are forever qui restera un des tous meilleurs airs de la franchise (franchement!) et d'autre part un Ken Adam aux décors aussi bandants que farfelus.
Ce type là a installé son style si particulier qu'il semble intrinsèquement lié au genre. Le film d'action-espionnage doit beaucoup à l'école Adam. Mike Myers ne s'y est pas trompé quand il s'est agi de concocter un style de décor parodique : le futurisme improbable, les bases souterraines et néanmoins ultramodernes, en plastiques et métaux rutilants, où gadgets et décoration pop cultivent l'extravagance inquiétante du SPECTRE. La construction graphique de cette terrifiante démesure appartient totalement à Ken Adam. Ces diamonds m'auront permis d'hurler mon admiration pour cet artiste.

Le casting me paraissait plus flamboyant. Pourquoi un tel désamour? Etrange. Charles Gray campait dans mes souvenirs un Blofeld ambigu à souhait, avec une affirmation homosexuelle qu se révèle aujourd'hui un peu factice, et surtout un peu ridicule, voire grossière (scène travestie, à l'humour un poil homophobe), en tout cas, très vieillie.

Ce même humour prévaut dans la caractérisation du couple meurtrier mister Kidd (Putter Smith) et mister Wint (Bruce Glover). Pourtant en ce qui les concerne, ils me paraissent plutôt bien écrits. Incohérence de ma part, j'en conviens. Des deux acteurs, seul Putting Smith joue bien. Il donne tout le sel à la complicité amoureuse du couple. Glover se contente malheureusement de répondre.

Des James Bond Girls, Lana Wood a certainement l'une des plus belles poitrines de l'histoire de la série, mais son rôle reste anecdotique, son apparition ne se remarque qu'à peine.

Jill St John est très belle, mais son personnage perd en densité au fur et à mesure que le personnage que joue James Bond prend du galon à ses yeux. Il me semblait là encore que cette louve apprivoisée suscitait de bien plus humides émois. Il lui manque quelque chose. Difficle d'identifier vraiment ce manque.



Du reste, il n'y a pas qu'elle que j'ai du mal à analyser. Léger éloignement pour mon ancien James Bond favori.