vendredi 3 juillet 2009

Le grand blond avec une chaussure noire



1972

Cinéaste: Yves Robert
Comédiens: Bernard Blier - Pierre Richard - Mireille Darc - Jean Rochefort - Colette Castel - Jean Obé - Robert Castel - Jean Saudray - Roger Caccia - Maurice Barrier - Robert Dalban - Paul Le Person - Jean Carmet - Yves Robert

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Vu en dvd

Ce grand blond est une bonne comédie mais pas un grand film. C'est un peu schématiquement ce que je ressens à la fin du film. Essayons de creuser un peu.

Une bonne comédie, pourquoi? Essentiellement le rythme du scénario, une musique des mots et des situations qui tombent pile à l'heure. Avec Veber aux dialogues, il n'y a pas beaucoup de place au mystère sur le pourquoi du comment. Francis Veber est un maître en France de la mélodie comique du dialogue. En plus, Yves Robert y associe sa propre musicalité, avec une mise en scène faite de contrastes entre les gesticulations burlesques de Pierre Richard et la lenteur des espions tueurs (lenteur elle même jouant sur l'opposition entre tension et flegme). Le grand blond est un show-man, un spectacle à lui tout seul et les espions deviennent les spectateurs ahuris ("merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond...") et perdus dans ce "piège à cons". Le film livre un combat entre l'humain (Richard, Darc, Le Person) et le cynisme (Rochefort, Blier)

Sur ce point, la galerie de personnages est parée avec un casting aux petits oignons, des rôles principaux jusqu'aux tertiaires.

J'aurais cependant un petit bémol à émettre concernant Pierre Richard dont la clownerie physique me déplait un tantinet. Si elle ne m'irrite pas complètement, elle me laisse largement indifférent. J'aime par contre ses scènes plus calmes, en petit prince de l'étonnement, je le trouve beaucoup plus performant dans l'émotion enfantine que dans le burlesque en somme.

Je crois que de toutes les confrontations celle qui met aux prises Rochefort et Blier est la plus succulente, dans les non-dits, les allusions perfides, les suggestions fielleuses et une faux-culerie gratte-ciel. Celle qui oppose graduellement Le Person à son supérieur hiérarchique Rochefort n'est pas mal non plus. Le Person trouve là un de ses meilleurs rôles (avec celui d'Alexandre le bienheureux, déjà d'Yves Robert).

Pour en finir sur le casting, ce grand blond offre un beau trombi du cinéma français des années 70. Un régal typique.

Alors pourquoi pas un bon film? Parce que de mon point de vue, effectivement, il tourne en rond, il tourne en rond et que finalement les personnages principaux n'accèdent pas à quelque chose qui les dépasse, qu'on attend et qui ne vient jamais. Certains personnages me paraissent un peu creux finalement, Mireille Darc par exemple.

C'est juste une belle musique, un bon rythme, mais j'ai du mal à percevoir une finalité autre que celle de faire rire.

Oups, j'allais oublier de saluer la merveilleuse musique que l'on peut même qualifier sans sourciller de "géniale" de Vladimir Cosma. Quel sot que je suis!

Trombi:
Les mains et la trogne de Gérard Majax

Jean Saudray et Maurice Barrier

Un grand rôle pour Jean Carmet

Le couple Robert Castel et Colett Castel

Arlette Balkis et Roger Caccia dans un rôle plus "grave" que celui du pianiste dans "Le grand restaurant":

Dans la série apparition, Bernard Charlan

Dans la même série, une autre trogne récurrente, celle de Marcel Gassouk

Un très beau et important rôle pour Jean Obé, accompagné à gauche par Jean-Michel Molé et sa tête d'oeuf

Une petite participation de Robert Dalban

Et puis on travaille ici en famille avec Yves Robert lui même,
beau-père dans la vraie vie de Xavier Gélin

1 commentaire:

  1. Pierre Richard en fait parfois un peu trop, d'accord mais la seule fausse note de cette comédie française populaire c'est Mireille Darc. Comme quoi on peut jouer comme un pied et montrer ses fesses en 1972.

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